La Bulgarie échoue de nouveau à se doter d’un gouvernement stable

La Bulgarie, plongée dans une grave crise politique, a une nouvelle fois échoué mercredi à se doter d’un gouvernement stable, le Parlement refusant d’entériner un cabinet d’experts deux mois et demi après les élections.
L’ex-Premier ministre Boïko Borissov, dont le parti conservateur Gerb était arrivé en tête du scrutin du 2 octobre mais sans alliés pour diriger, avait proposé un chirurgien renommé, Nikolay Gabrovski, au poste de Premier
ministre. Mais ce novice en politique de 51 ans n’a obtenu le soutien que de 113 députés sur les 238 présents.
Le rejet de cette candidature renforce la perspective d’un nouveau vote au printemps dans ce pays des Balkans. Il s’agirait le cas échéant des cinquièmes législatives depuis avril 2021.
Après quasiment 12 ans au pouvoir, M. Borissov s’est retrouvé isolé, affaibli par une vague de manifestations anti-corruption, tandis que ses adversaires ne parviennent pas non plus à former de majorité.
« Si des élections sont organisées en mars, ce ne seront pas les dernières de 2023 », a averti M. Gabrovski devant le Parlement. Les sondages prédisent des résultats similaires à ceux d’octobre et un Parlement tout aussi morcelé.
« La Bulgarie doit sortir dès que possible du marasme et de cette spirale », a-t-il insisté, évoquant un pays « au bord de l’abîme ».
Par ailleurs, le président Roumen Radev doit prochainement charger le parti centriste Continuons le changement, deuxième du dernier scrutin, de former un gouvernement. Mais il est peu probable que son chef, l’ex entrepreneur formé à Harvard, Kiril Petkov, réunisse suffisamment de voix.
Si la troisième tentative échoue également, des élections seront convoquées, prolongeant une impasse politique sans précédent depuis la fin du communisme en 1989.
APS




