La Bolivie suspend l’exportation de six aliments en raison d’un « risque de pénurie » suite à une grève

La Bolivie va suspendre à partir de jeudi l’exportation de six produits alimentaires en raison d’un « risque de pénurie » provoqué par une grève qui dure depuis cinq jours, a annoncé mercredi le gouvernement.
Les autorités ont décidé de « suspendre temporairement les exportations de soja, de tourteaux de soja, de farine de soja, de sucre, d’huile et de viande bovine » en raison d’un « risque de pénurie et d’augmentation des prix », a déclaré le ministre du Développement et de l’Economie Néstor Huanca lors d’une conférence de presse.
La région de Santa Cruz, moteur économique du pays et bastion de l’opposition, est en grève contre le gouvernement de gauche de Luis Arce pour exiger un nouveau recensement de sa population.
Le recensement sert à recalculer la répartition des sièges au Congrès et les ressources publiques allouées aux régions et départements. Or la région de Santa Cruz, la plus peuplée, gouvernée par l’opposition de droite, estime être défavorisée par un recensement datant d’il y a plus de 10 ans.
M. Huanca a reproché au gouverneur de Santa Cruz, Luis Fer nando Camacho, d’être responsable des « conséquences de la paralysie du secteur », qui constitue selon le ministre une « menace pour la sécurité alimentaire ».
La grève générale, entamée samedi, a fait un mort lors d’affrontements entre partisans du gouvernement et opposants.
Santa Cruz, une région en plein essor dans l’est du pays, veut obtenir le nouveau recensement en 2023 avant les prochaines élections en 2025.
Le gouvernement avait initialement prévu le recensement pour novembre prochain, mais a décidé de le reporter à 2024, ce qui signifierait que les nouvelles données ne seront pas traitées avant les élections.
La grève continuait jeudi à Santa Cruz.
La Bolivie est secouée par une crise politique sans précédent depuis 2019, quand l’opposition de droite avait poussé l’ancien président indigène Evo Morales à la démission.
APS




