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« Je suis prête à vendre un rein ! », pourquoi tant de Marocains veulent traverser illégalement la frontière vers l’Espagne ?

Les arrivées de Marocains à la région de Fnideq, de côté marocain de la clôture frontalière entre le Maroc et l’Espagne, en vue d’effectuer la périlleuse traversée vers l’Europe, ont atteint des niveau records, un énorme casse-tête pour les autorités espagnoles.

Les données recueillis par les organismes européens prédisent que nous allons probablement voir le nombre de ces Marocains, fuyant désespérément leur pays, augmenter dans les mêmes proportions ou plus encore, ce qui emmène Madrid à renforcer ses mesures de dissuasion pour lutter contre ce phénomène qui met à rude épreuve son système d’immigration.

Pourquoi cela se produit-il et quels sont les facteurs qui y contribuent ?

Une combinaison de facteurs, telle que la pauvreté, la prolifération des inégalités sociales, la généralisation de la violence, l’oppression, le dérèglement climatique et la croissance démographique poussent un nombre croissant de Marocains à se lancer dans des voyages désespérés pour atteindre les rivages des pays riches de l’Occident.

Une citoyenne marocaine, sans emploi, divorcée et élevant seule un enfant, vit dans la pauvreté et a toujours eu de mal pour acheter des denrées alimentaires pour elle et son enfant.

Mais récemment, cette femme s’est rendu compte que sa situation est devenue pire, lorsque son fils est tombé malade et n’a trouvé personne pour l’aider ou lui prêter de l’argent, car la majorité des Marocains sont aux prises avec des coûts alimentaires de plus en plus élevés.

« Mon fils est très malade. Il ne trouve pas de quoi manger. Les prix des denrées alimentaires et des légumes coûtent très chers », raconte-t-elle dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, devenue virale depuis quelques jours.

« Je suis une femme divorcée. Je peine de trouver du travail pour gagner ma vie. Comment vais-je faire pour m’acheter une bonbonne de gaz à cuisiner et pour m’acheter de la nourriture ? ça devient très difficile de gagner sa vie dans ce pays », se plaigne-t-elle.

Elle faisait partie des milliers de marocains qui ont tenté dans la nuit de samedi à dimanche de franchir la barrière de la clôture frontalière séparant le Maroc de la ville espagnole de Ceuta.

Mais, elle s’est retrouvée bloquée de passer, devant une importante présence policière des deux côtés de passage.

Les foules ont été dispersées par la force, sans pour autant les persuader d’abandonner leur objectif.

Les forces de sécurités marocaines restent déployées dans la zone avec un dispositif spécial.

« Ça ne serait pas ma dernière expérience de vouloir tenter la traversée vers l’Europe. Si je ne pourrais pas travers par Ceuta, je vais tenter la traversée par Beni Ensar [frontalière de la ville espagnole de Melilla]. Si je ne réussirais pas par Beni Ensar, je vais vendre un rein pour payer un passeur. Je suis prête à tout. Prenez tous, mais sauver moi mon fils. Je veux aller en Europe. Si ma situation était bien ici, je ne penserais pas à migrer clandestinement », se lamente-t-elle.

Cela faisait une semaine qu’elle était arrivée à Fnideq et elle n’avait pas d’argent pour continuer.

« J’implore les Marocains de l’étranger de partager ma vidéo pour que tout le monde me regarde. Je veux que cette vidéo atteigne Mohammed VI. Je ne demande rien que de voir mon fils manger à sa faim. Il est très malade », insiste-t-elle.

Des milliers de Marocains, comme elle, tente de fuir la misère économique et la répression politique dans leur pays, en espérant des lendemains meilleurs sous d’autres cieux.

Cela entraine une forte augmentation des tentatives des exodes massifs à la frontière avec l’Espagne.

Face aux niveaux historiquement élevés de l’immigration clandestine, Rabat prétend toujours avoir prendre des mesures pour limiter le nombre des traversées des sans-papiers de passage frontalier de Ceuta, mais l’Espagne et les autres pays européens restent sceptiques quant aux réelles intentions du Makhzen, qui exploite ce phénomène pour tirer des avantages notamment politiques.

Al24News

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