Japon : la décision de relever le plafond des rendements obligataires salué par le FMI

Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé le choix de la Banque du Japon (BoJ) de relever hier le plafond des rendements obligataires qu’elle tolère, tout en lui conseillant de communiquer plus clairement à l’avenir pour éviter de surprendre les marchés.
L’ajustement effectué par la BoJ « est une mesure judicieuse » compte-tenu de « l’incertitude entourant les perspectives d’inflation » et au vu des « préoccupations relatives au fonctionnement du marché obligataire », a estimé Ranil Salgado, chef de la mission du FMI au Japon.
Mais « une communication plus claire » sur les conditions d’ajustement du cadre de sa politique monétaire « contribuerait à ancrer les attentes du marché et à renforcer la crédibilité de l’engagement de la Banque du Japon à atteindre son objectif d’inflation », a ajouté M. Salgado.
Alors qu’elle défendait depuis des mois un parfait statu quo de sa politique monétaire ultra-accommodante, malgré les répercussions des intenses resserrements monétaires menés aux Etats-Unis et en Europe, la BoJ
a pris mardi tout le monde de court en lâchant un peu de lest sur son contrôle des rende ments des obligations publiques japonaises à dix ans.
La BoJ a porté à 0,5% le plafond de ces rendements qu’elle tolère, contre 0,25% auparavant. Elle a justifié cette mesure par le besoin d’atténuer les distorsions sur le marché obligataire provoquées par sa politique, afin de rendre cette dernière plus soutenable.
Malgré les dénégations de la BoJ, beaucoup d’analystes et d’acteurs de marché voient dans cette mesure les prémices d’une normalisation progressive de sa politique monétaire dès l’an prochain.
Les Bourses mondiales en ont été affectées mardi, Tokyo en tête, tandis que les taux obligataires sont remontés partout dans le monde, tout comme le yen et le cours de l’or.
APS




