Iran : nouvelles discussions avec les Européens sur le nucléaire et les sanctions

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a tenu ce vendredi un échange conjoint avec ses homologues britannique, allemand et français, ainsi qu’avec la haute représentante de l’Union européenne, Kaja Kallas, pour évoquer les évolutions du dossier nucléaire iranien, ont rapporté des sources médiatiques.
Au cours de cette réunion, Araghchi a réaffirmé la position de Téhéran, rejetant toute tentative européenne d’activer le mécanisme dit de « snapback », c’est-à-dire le rétablissement automatique des sanctions de l’ONU. Il a dénoncé « l’illégitimité juridique et morale » d’un tel recours, avertissant des conséquences qui pourraient en découler.
Le chef de la diplomatie iranienne a souligné que son pays « n’a pas renoncé à la voie diplomatique », tout en insistant sur la détermination de l’Iran à « défendre fermement ses intérêts ». Il a indiqué que la République islamique restait disposée à toute solution négociée garantissant les droits du peuple iranien. Réagissant aux propositions européennes d’étendre le mandat de la résolution 2231 du Conseil de sécurité afin de prolonger les discussions, Araghchi a rappelé que cette décision relevait exclusivement des Nations unies et précisé que l’Iran consulterait ses partenaires au Conseil avant toute démarche.
De leur côté, les trois puissances européennes et l’Union européenne ont réitéré leur volonté de privilégier les « solutions diplomatiques » pour désamorcer la crise. Les mêmes capitales ont toutefois averti qu’elles pourraient activer le mécanisme de retour rapide des sanctions si Téhéran refusait de reprendre les négociations.
Ces tensions surviennent alors que les États-Unis et plusieurs pays occidentaux accusent l’Iran de chercher à exploiter son programme nucléaire à des fins militaires – une accusation rejetée par Téhéran. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) estime pour sa part que l’Iran reste encore loin d’acquérir la capacité de produire une arme nucléaire. En mars dernier, la directrice du renseignement national américain, Tulsi Gabbard, avait confirmé qu’aucune preuve tangible ne démontrait une volonté iranienne de se doter de l’arme atomique.
La situation s’est néanmoins compliquée après l’agression sioniste lancée le 13 juin contre le territoire iranien, suivie de frappes américaines visant plusieurs installations nucléaires. Depuis, les inspecteurs de l’AIEA ne sont plus autorisés à accéder aux sites concernés, malgré les appels répétés de son directeur, Rafael Grossi, en faveur d’une reprise immédiate des inspections.
Selon les médias officiels iraniens, une délégation de Téhéran doit se rendre ce vendredi à Vienne pour rencontrer des responsables de l’AIEA. En parallèle, il a été convenu qu’une nouvelle série de pourparlers entre l’Iran et les Européens se tiendrait mardi prochain au niveau des vice-ministres des Affaires étrangères.
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