Indonésie: le chef de la Cour constitutionnelle démis pour violation du code d’éthique

Le chef de la Cour constitutionnelle indonésienne a été démis de ses fonctions mardi pour violation du code
d’éthique dans le cadre d’une décision autorisant le fils du chef de l’Etat à se présenter à la vice-présidence.
Le juge en chef de la Cour constitutionnelle, Anwar Usman, qui est le beau-frère du président indonésien Joko Widodo, a été reconnu coupable de « violation flagrante » du code d’éthique de l’institution après la décision,
à la majorité de 5 voix contre 4, de modifier les règles relatives à la candidature à la présidence et à la vice-présidence de l’Etat.
Cette décision, rendue quelques mois seulement avant les élections générales, a ouvert la voie à la candidature du fils aîné de Widodo, Gibran Rakabuming Raka, à la vice-présidence, associé à l’actuel ministre de la
Défense Prabowo Subianto, un probable futur candidat à la présidence lors du scrutin prévu le 14 février prochain.
Le panel composé de trois magistrats a fait valoir qu’en ne s’étant pas « récusé du processus d’examen et de prise de décision », M. Usman avait violé le « principe de neutralité du code d’ét hique du juge ».
Usman a été démis de son poste de juge en chef de la Cour constitutionnelle mais conserve néanmoins son poste de juge.
Usman ne pourra plus se présenter lui-même ou être nommé par d’autres juges pour présider cette institution jusqu’à la fin de son mandat. Il doit également se récuser de trancher les différends portant sur les résultats
des élections.
Le nouveau juge en chef sera élu par les neuf membres de la Cour constitutionnelle dans les deux prochains jours.
Le choix de Gibran Rakabuming Raka, 36 ans, actuellement maire de la ville de Surakarta, comme candidat à la vice-présidence pour le scrutin de février a suscité des critiques en Indonésie selon lesquelles l’actuel chef
de l’Etat tente de créer une dynastie politique.
Agences




