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Haïti: hausse alarmante du recrutement d’enfants dans les gangs, selon l’ONU

Haïti connaît une  « augmentation alarmante » du nombre d’enfants recrutés par des gangs, avec  des « conséquences dévastatrices » pour ces enfants, leurs familles et la  société dans son ensemble, selon un rapport de l’ONU publié vendredi.

Ce pays des Caraïbes est en proie à une crise sécuritaire, humanitaire et  de gouvernance qui s’aggrave. Des bandes armées contrôlent de vastes zones  de la capitale, Port-au-Prince, et au-delà, forçant des familles à se  déplacer et limitant leur accès aux écoles, aux soins de santé et aux  services essentiels.

La pauvreté empire pour les familles les plus vulnérables, et les enfants  sont de plus en plus susceptibles d’être recrutés par les gangs pour gagner  de l’argent. Les services de protection de l’enfance sont saturés, voire inexistants,  laissant les mineurs en danger dans les quartiers contrôlés par les gangs.

Au moins 26 gangs opèrent à Port-au-Prince et dans ses environs, souligne  le rapport. Ils contrôlent un territoire, pratiquent l’extorsion violente auprès des  populations et affrontent les forces de sécurité haïtiennes, déjà fortement  sollicitées, pour asseoir leur domination.

Face à l’intensification des affrontements, les gangs s’appuient sur un  flux constant de recrues, y compris des enfants, pour maintenir leur  emprise. Le recrutement n’est plus sporadique. Dans de nombreuses régions,  il est systématique.

Nombre d’enfants, poussés par la faim, le manque d’éducation et la  précarité économique, rejoignent des gangs. D’autres y sont enrôlés de  force ou sous la menace, relève le document. Les enfants recrutés sont exposés à la violence, aux traumatismes et aux  abus. Leur scolarité est perturbée et les séquelles psychologiques à long  terme peuvent être profondes. La stigmatisation et la peur des représailles  compliquent leur réinsertion sociale.

L’ONU appelle dans son rapport à renforcer les systèmes de protection de  l’enfance, à rétablir l’accès  à l’éducation et à mettre en place des initiatives de prévention du  recrutement dans les communautés touchées par les gangs.

Le Haut -Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk,  insiste sur le respect des droits de l’enfant par la Force de répression  des gangs lors de toute opération contre les groupes armés.

« Il est tout aussi crucial que les autorités nationales et internationales  s’attachent à lutter contre le flux illicite d’armes à destination  d’Haïti », a insisté M.  Türk, affirmant que « l’embargo sur les armes imposé  par l’ONU doit être appliqué sans délai si nous voulons mettre fin au cycle  interminable de la violence ».

(APS)  

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