
Un arrêté interministériel, publié au Journal officiel jeudi 23 décembre, ouvre les archives publiques de la police et de la justice relatives à la guerre d’Algérie. La mesure est saluée par les historiens, qui devaient jusque-là passer par de lourdes procédures dérogatoires pour consulter ces documents.
C’était l’un des engagements d’Emmanuel Macron dans le cadre de son épineux chantier de réconciliation des mémoires autour de la guerre d’Algérie (1954-1962) : un arrêté interministériel, publié le jeudi 23 décembre au Journal officiel, rend désormais consultable « les archives publiques produites dans le cadre d’affaires relatives à des faits commis en relation avec la guerre d’Algérie entre le 1er novembre 1954 et le 31 décembre 1966 ».
Toutes ces archives, policières ou judiciaires, étaient de droit non consultables pendant soixante-quinze ans, sauf en obtenant une dérogation.
« C’est une avancée très importante », commente Pierre Mansat, président de l’Association Josette-et-Maurice-Audin, du nom du militant communiste disparu en 1957 et de sa veuve, décédée en 2019.
L’affaire Audin était emblématique des zones d’ombre du conflit. Il avait fallu attendre 2018 pour que le chef de l’État reconnaisse la responsabilité de la France dans la mystérieuse disparition du mathématicien anticolonialiste, arrêté par des militaires à Alger.
La période couverte par l’arrêté concerne aussi les quatre années qui ont suivi la fin de la guerre d’Algérie. Cela permettra notamment aux historiens de se pencher plus facilement sur les procédures judiciaires concernant l’OAS. Tramor Quemeneur, lui, compte profiter « dès que possible » de cette « aubaine » pour travailler sur les réseaux de militants anticolonialistes, qui ont bénéficié d’une loi d’amnistie en 1966.
« Il y a beaucoup de zones d’ombre sur ce sujet », ajoute-t-il. Le même processus dérogatoire avait été mis en place pour les archives de la Seconde Guerre mondiale.




