Grèce : incidents en marge d’une manifestation pour commémorer le meurtre d’un adolescent par un policier

Des affrontements entre groupes de jeunes et policiers grecs ont eu lieu mardi soir à Athènes et Thessalonique à la fin d’une manifestation de plus de 11.000 personnes selon la police, pour commémorer le meurtre d’un adolescent par un policier il y a 14 ans.
Les plus violents incidents se sont produits à Thessalonique, deuxième ville grecque dans le Nord, à l’issue d’une manifestation de 5.000 personnes, quand un groupe de jeunes a mis le feu à des poubelles et lancé
des dizaines de cocktails Molotov et des pierres contre les forces anti-émeutes. Ces dernières ont riposté avec des tirs de gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes.
A Athènes, dans le quartier contestataire d’Exarcheia, des heurts similaires ont eu lieu à la fin d’une manifestation de 6.500 personnes dans le centre de la capitale.
Comme tous les ans le 6 décembre, des manifestations sont organisées, surtout à l’appel de la gauche et de groupes de défense des droits humains, en mémoire d’Alexandros Grigoropoulos, tué à l’âge de 15 ans par un policier en 2008 à Exarcheia. Cette année, les manifestations se sont déroulées sous tension, notamment à Thessalonique où lundi un adolescent de 16 ans, issu de la communauté rom, avait été grièvement blessé à la tête par la balle d’un policier.
Opéré à la tête, le jeune Rom se trouve toujours dans un état critique, selon les médias.
Le policier a ouvert le feu lors d’une course-poursuite impliquant le garçon, qui s’était enfui d’une station service sans payer une facture de 20 euros. Il a été arrêté et poursuivi mardi pour « tentative d’homicide », avant d’être placé en liberté conditionnelle.
Cette affaire a suscité une vive émotion et s’inscrit dans un contexte de violences policières maintes fois dénoncées. Des manifestations de colère dans la communauté rom ont eu lieu à Thessalonique et à Athènes lundi soir et mardi.
Mardi matin, près de 600 élèves et étudiants avaient manifesté à Athènes avant le grand rassemblement de la gauche dans le centre d’Athènes bouclé à la circulation. Au total 4.000 policiers étaient mobilisés dans la capitale, selon la police.
Le meurtre le 6 décembre 2008 d’Alexis Grigoropoulos avait choqué la Grèce et provoqué alors des émeutes inédites à travers le pays pendant plusieurs mois.
Le policier qui avait tiré sur lui avait été condamné à la prison à vie pour homicide volontaire, avant d’être libéré en juin dernier à la suite d’un procès en appel.
L’année dernière, le nombre de manifestants s’était également élevé à environ 11.000 à Athènes et Thessalonique.
APS




