France : LFI dépose une motion de censure contre le gouvernement Lecornu

Le gouvernement français dirigé par Sébastien Lecornu a fait l’objet, vendredi matin, d’une motion de censure déposée par La France insoumise (LFI), sur fond de contestation autour de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, ainsi que de la position de l’exécutif sur le Venezuela. Le Rassemblement national (RN) a, de son côté, également menacé de déposer une motion similaire.
À l’initiative de cette démarche, LFI dénonce un « piétinement de la souveraineté populaire et du droit international », tant sur le dossier du Mercosur que sur la politique étrangère française à l’égard du Venezuela. La motion a été déposée en vertu de l’article 49, alinéa 2, de la Constitution, et annoncée par la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, sur le réseau social X.
Dans leur texte, les députés insoumis dressent un bilan sévère de l’action du président français Emmanuel Macron, estimant que « la France est humiliée à Bruxelles comme à Washington ».
Ils reprochent à l’exécutif d’avoir affaibli la position française face aux institutions européennes, malgré l’opposition affichée du chef de l’État à l’accord Mercosur.
LFI fustige en particulier les conséquences de ce traité de libre-échange, qu’elle juge porteuses de « déni écologique, de casse industrielle et sociale », ainsi que d’une concurrence qu’elle qualifie de « manifestement déloyale ». Le parti estime que le président a laissé « ouverte la porte de la capitulation » face à la Commission européenne, considérant ses tentatives d’obtenir des garanties supplémentaires comme de simples « artifices ».
À l’instar du Rassemblement national, LFI soutient l’idée d’un rapport de force avec Bruxelles, allant jusqu’à évoquer la possibilité de suspendre la contribution française au budget de l’Union européenne. Le RN a d’ailleurs annoncé, jeudi, son intention de déposer sa propre motion de censure pour s’opposer à l’adoption prochaine de l’accord avec le Mercosur.
Enfin, La France insoumise élargit ses critiques à la politique internationale de l’exécutif, accusant Emmanuel Macron d’être « incapable de condamner la guerre illégale et illégitime des États-Unis contre le Venezuela ». Une attitude qui, selon le parti, favoriserait « la généralisation de la loi du plus fort », aux conséquences jugées « incommensurables » sur l’ordre international.




