France : le FMI met en garde contre la trajectoire économique incertaine de la politique budgétaire

Le Fonds monétaire international (FMI) a exprimé, dans son dernier rapport, son inquiétude quant à la trajectoire économique de la France en raison d’une croissance faible, un déficit persistant et une dette en hausse.
L’institution financière a souligné la nécessité pour Paris de mettre en œuvre des réformes structurelles urgentes pour rétablir les finances publiques, mettant en garde que le pays risque une crise budgétaire majeure d’ici à 2030.
Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Manuela Goretti et composée de Florian Misch, Rasmane Ouedraogo, Maryam Vaziri, et Torsten Wezel, a mené des entretiens en France du 12 au 22 mai dans le cadre des consultations 2025 au titre de l’article IV. À l’issue de cette visite.
Les experts du FMI ont averti contre la consommation et l’investissement qui peinent à repartir, freinés par un manque de confiance des ménages et des entreprises, exacerbé par la fragmentation politique et les tensions sociales, notamment autour de la réforme des retraites.
Le FMI a pointé un déficit public de 5,8 % du PIB en 2024, loin des 3 % visés par le gouvernement pour 2029 dans un contexte économique morose. Sans « mesures significatives », ce déficit pourrait stagner autour de 6 %, avec une dette publique en hausse continue d’ici 2030.
Le FMI a mis en garde la France contre une dépendance excessive au système fiscal comme moyen de réduire le déficit public du pays. Selon les représentants du fonds, la meilleure solution est de rationaliser les dépenses publiques. Cela nécessitera des décisions difficiles qui nécessiteront une action décisive.
Ces efforts budgétaires supplémentaires importants devraient s’inscrire dans la continuité des mesures déjà prises par Paris. Sinon, comme l’a noté le FMI, le déficit public restera autour de 6% du PIB et la dette publique continuera de croître jusqu’en 2030. Et cela se produira malgré la promesse du gouvernement français de réduire le déficit budgétaire à 3%, conformément aux exigences de la Commission européenne.
Pour atteindre cet objectif, le FMI met en garde contre le recours aux augmentations d’impôts, soulignant que la France a l’un des niveaux d’imposition les plus élevés d’Europe. La poursuite de l’amélioration des finances publiques par la seule fiscalité pourrait avoir un impact sur la confiance des entreprises, la consommation des ménages et le potentiel de croissance de l’économie, avec une croissance prévue à seulement 0,6 %.
Pour rappel, le gouvernement français compte économiser 40 milliards d’euros pour atteindre ses objectifs de réduction du déficit public en 2026 et compte présenter ses propositions d’ici le 14 juillet, qui devraient combiner baisse des dépenses et hausse des recettes, notamment la suppression de certaines niches fiscales, mais sans hausse généralisée des impôts.
(Agences)




