France : des agriculteurs en colère bloquent des axes routiers à Paris

Des agriculteurs en colère protestant notamment contre le projet d’accord entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur sont arrivés à Paris dans la nuit de mercredi à jeudi, où certains tracteurs ont rejoint la Tour Eiffel, bloquant des axes routiers dans la capitale.
Le syndicat Coordination rurale a appelé les agriculteurs à venir manifester à Paris pour exprimer leur mécontentement face à la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine et à l’accord entre l’UE et le Mercosur.
« On est entre le dépit et le désespoir. On a un sentiment d’abandon comme avec le Mercosur. On nous a abandonné au profit d’une navette spatiale, d’un Airbus ou d’une voiture », a expliqué à Reuters Stéphane Pelletier, vice-président de la Coordination rurale dans la Vienne, au pied de la Tour Eiffel.
Des tracteurs sont stationnés sur les rives de la Seine au pied de la Dame de fer, bloquant certains axes routiers menant au centre-ville de la capitale française.
D’autres engins ont remonté l’avenue des Champs-Elysées et sont parqués devant l’Arc de Triomphe.
Au total, une centaine de tracteurs étaient dans Paris au petit matin, la plupart étant bloqués aux portes de la capitale, selon la préfecture de police.
Les protestataires sont parvenus à rejoindre Paris en dépit d’un arrêté préfectoral interdisant tout rassemblement non déclaré dans certains secteurs de Paris comme ceux sensibles de l’Elysée, de Matignon, de l’Assemblée nationale ou encore du Sénat.
Conséquence de ces rassemblements, l’autoroute A13 est en partie fermée depuis jeudi matin, provoquant un bouchon d’environ 150km, a déclaré le ministre des Transports Philippe Tabarot sur France 2.
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a dénoncé ces blocages, qualifiés d' »inacceptables ».
« Le gouvernement ne cautionne pas les blocages, encore une fois ce qui se passe ce matin est illégal et donc nous ne le laisserons pas faire », a-t-elle déclaré sur franceinfo.
Ces manifestations interviennent au lendemain de la décision de la Commission européenne de suspendre la taxe carbone sur les engrais, une demande de longue date de Paris et Rome pour protéger les agriculteurs européens en difficulté.
Les agriculteurs en colère demandent également la fin de l’abattage systématique des bovins dès la détection d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans un troupeau, suivi d’une vaccination des bêtes dans un rayon de 20 kilomètres autour de l’exploitation et l’interdiction de tout déplacement des bovidés.
(Agences)




