Financial Times: les doutes des alliés américains sur Washington relancent le débat nucléaire

Selon Financial Times, plusieurs pays alliés des États-Unis s’interrogent sur leur sécurité nucléaire face à un possible retrait du soutien américain.
L’Allemagne, la Pologne, la Corée du Sud et le Japon envisagent des alternatives, allant jusqu’à l’acquisition d’armes nucléaires, malgré les risques politiques et stratégiques. La crainte d’un affaiblissement du bouclier nucléaire américain incite plusieurs alliés des États-Unis à envisager, voire à préparer, leurs propres capacités atomiques.
Le quotidien britannique a rappelé que pendant la guerre froide, Washington et Moscou s’accordaient au moins sur une priorité :
Éviter la prolifération des armes nucléaires.
Les États-Unis ont alors proposé une « ombrelle » nucléaire destinée à rassurer leurs alliés et à décourager toute velléité de développer l’arme atomique.
Cette logique a perduré grâce au Traité sur la non-prolifération (TNP), qui limite officiellement le nombre d’États dotés de l’arme nucléaire à cinq (États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni), malgré l’émergence d’autres puissances dotées de facto comme l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord.
D’après le Financial Times, plusieurs responsables et experts occidentaux estiment que la crédibilité américaine faiblit par rapport à la question sécuritaire, ce qui ébranle la confiance des vieux partenaires. L’éventualité d’un retrait du soutien nucléaire américain a fait ressurgir des débats longtemps tabous dans certaines capitales.
Toujours selon le journal britannique, en Allemagne, où des bombes américaines sont stockées depuis des décennies, certains responsables commencent à se demander si le pays ne devrait pas, un jour, envisager de posséder ses propres armes nucléaires ou, au moins, se donner les moyens de le faire rapidement en cas de besoin.
Cependant, il est souligné qu’un tel projet, contraire à plusieurs engagements internationaux, déclencherait une vive hostilité en Europe et au-delà, tout en sapant des décennies d’efforts allemands pour promouvoir la paix.
Un autre pays qui a été mentionné en exemple est la Pologne. Certaines figures politiques ont commencé à évoquer la possibilité d’accueillir des bombes nucléaires américaines ou de participer à un programme de partage avec Paris ou Londres.
D’autres, plus prudents, ont souligné que le développement d’un tel arsenal impliquerait des coûts et des délais considérables, sans compter les réactions potentielles de la Russie.




