Escalade au Moyen-Orient: des appels et des efforts diplomatiques pour l’apaisement

Alors que les combats se poursuivaient jeudi pour le sixième jour consécutif dans la région du Golfe et du Moyen-Orient, les appels et les efforts diplomatiques continuent en faveur de la désescalade et de la reprise du dialogue.
Parallèlement à l’évolution de la situation sur le terrain, les craintes d’un enlisement de cette confrontation militaire se font de plus en plus ressentir avec toutes ses répercussions et ses conséquences sur la stabilité et la sécurité dans la région. Ainsi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état d’une multiplication d’incidents touchant le personnel médical et les établissements hospitaliers dans la région.
« En période de crise, les hôpitaux et les cliniques sont plus que jamais nécessaires. C’est pourquoi, il est impératif d’assurer leur protection à tout moment », a insisté le chef de l’OMS, Tedros Ghebreyesus. Dans ce contexte, il a appelé les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire et à protéger « les travailleurs de la santé, les établissements et les patients », plaidant pour que « les voix de la sagesse et de la paix l’emportent sur le bruit des bombardements ».
L’intensification des combats inquiète également les experts indépendants chargés de la protection des enfants. Le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies s’est dit « profondément troublé » par la mort « d’enfants innocents » et par les « graves répercussions » du conflit sur les plus jeunes.
Les experts indépendants composant cet organe chargé de surveiller la mise en œuvre de la Convention relative aux droits de l’enfant se sont dits alarmés par des informations faisant état d’attaques contre des infrastructures civiles. Les experts appellent à un cessez-le-feu immédiat et durable afin d’éviter que les enfants ne soient exposés à « des meurtres, des mutilations, des déplacements, des dommages psychologiques ou d’autres violations de leurs droits ».
De son côté, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, multiplie les contacts diplomatiques durant lesquels il a réitéré son appel en faveur de la désescalade et de la reprise du dialogue pour éviter un embrasement de la région du Golfe et du Moyen-Orient. Lors de son point de presse quotidien, son porte-parole Stéphane Dujarric a indiqué que le SG de l’ONU a accepté une demande de rencontre avec le Représentant permanent de l’Iran, l’Ambassadeur Amir Saeid Iravani, au cours de laquelle il a réaffirmé sa position, telle qu’exprimée lors de la session du Conseil de sécurité de samedi, en exprimant l’espoir d’une fin rapide du conflit et d’une reprise du dialogue, dans l’intérêt de la stabilité régionale.
Il a, en outre, rencontré le représentant permanent d’Oman auprès des Nations Unies, Omar Said Omar al Kathiri, et a également évoqué la situation dans la région et l’urgence de mettre fin aux opérations militaire et à l’escalade en cours, et de renouer le dialogue. Dans ce contexte de combats étendus, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a, pour sa part, dit surveiller étroitement la situation autour des installations nucléaires iraniennes.
L’Agence a fait savoir que son directeur général, Rafael Grossi, « réitère son appel à la plus grande retenue afin d’éviter tout risque d’incident radiologique ». De son côté, la Chine a exprimé son intention de continuer à travailler avec toutes les parties, notamment celles impliquées dans les conflits au Moyen-Orient, pour maintenir la communication, renforcer les efforts de médiation et parvenir à un consensus. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a fait savoir, lors d’un point de presse régulier, que son pays enverra prochainement Zhai Jun, envoyé spécial du gouvernement chinois sur la question du Moyen-Orient, dans la région afin d’œuvrer à l’apaisement de la situation tendue.
Par ailleurs, l’Emir du Qatar, Cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, et le président de l’Ouzbékistan Shavkat Mirziyoyev ont eu un entretien téléphonique durant lequel ils ont souligné l’importance de la désescalade, de la retenue, de la priorité accordée au dialogue et aux voies diplomatiques ainsi que de la nécessité d’œuvrer à un règlement pacifique des différends pour préserver la sécurité régionale et protéger les intérêts de ses populations. Le Japon, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, a également appelé toutes les parties à « écouter la voix de la raison et à reprendre les négociations et les voies diplomatiques afin d’éviter un chaos encore plus grand ».
(APS)



