Escalade au Moyen-Orient: appels pressants pour prévenir une dégradation sécuritaire régionale généralisée

Les appels en faveur de la désescalade et d’une reprise urgente des négociations diplomatique dans le Golfe et le Moyen-Orient se font de plus en plus pressants afin d’éviter une dégradation sécuritaire généralisée dans la région où les opérations militaires se poursuivaient mercredi pour le cinquième jour consécutif.
Dans ce contexte, les Nations unies ont renouvelé leur appel à la désescalade, à un arrêt immédiat des opérations militaires et à un retour à la table des négociations. Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a affirmé continuer de suivre avec une grande préoccupation l’évolution de la situation au Moyen-Orient et s’est dit particulièrement inquiet de la multiplication de nouveaux fronts. Lors d’un point de presse quotidien, son porte-parole Stéphane Dujarric a constaté « une augmentation du nombre de victimes civiles et un grave impact humanitaire sur le bien-être des populations dans toute la région ».
Il a, en outre, souligné que « la poursuite des attaques contre les infrastructures énergétiques dans le Golfe peut avoir un impact dramatique sur l’économie mondiale, qui reste très dépendante des combustibles fossiles ». Par ailleurs, Stéphane Dujarric a fait savoir que « les opérations humanitaires dans toute la région sont fortement perturbées par l’insécurité, les ruptures des chaînes d’approvisionnement et les fermetures de l’espace aérien, tandis que la circulation du personnel humanitaire demeure restreinte ».
« Le droit international humanitaire est non négociable : les civils, y compris les travailleurs humanitaires, doivent être protégés en toutes circonstances », a-t-il insisté. De son côté, le secrétaire général adjoint des Nations unies et directeur exécutif du bureau de Nations unies pour le service d’appui aux projets (UNOPS), Jorge Moreira da Silva, a révélé qu’au cours des dernières 72 heures, l’organisation onusienne a reçu des informations faisant état « de graves dommages ou de la destruction de plusieurs écoles, hôpitaux et autres services essentiels ». « Les civils sont, comme toujours, les premiers et les plus touchés : les enfants, les personnes âgées, les hommes et les femmes ordinaires. Ce sont eux qui paient le plus lourd tribut aux conflits qu’ils n’ont pas provoqués », s’est-il indigné.
Le directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM), Samer Abdeljaber, a, pour sa part, indiqué que « la situation humanitaire au Moyen-Orient évolue rapidement, sous l’effet de l’évolution de la situation sécuritaire ». Il a notamment signalé que « les bureaux de pays du PAM se préparent à intensifier rapidement leurs efforts en cas d’augmentation des déplacements de population ».
Par ailleurs, la Chine a appelé à une cessation immédiate des opérations militaires, à la prévention d’une nouvelle escalade des tensions et à la reprise du dialogue et des négociations pour défendre la paix et la stabilité au Moyen-Orient. Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi a, quant à lui, réitéré l’appel de son pays à un cessez-le-feu immédiat dans la région et à la reprise d’une diplomatie régionale responsable, soulignant les efforts constants du Sultanat d’Oman pour mettre fin à la guerre et enrayer l’escalade.
Les ministres polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, et roumain, Oana Toiu, réunis à Varsovie, ont eux appelé toutes les parties au conflit au Moyen-Orient à la retenue, au respect du droit international et à la protection des civils, tandis que le Premier ministre canadien Mark Carney a exprimé son regret face à l’échec de l’ordre international au Moyen-Orient, appelant toutes les parties à « respecter les règles de l’engagement international ».
S’agissant de l’impact de l’escalade militaire sur la situation économique des pays de la région, la société Qatar Energy a annoncé, mercredi, avoir informé ses clients de la déclaration d’un cas de « force majeure » à la suite de l’arrêt de sa production. L’entreprise a précisé qu’elle suspendra la production de certains produits issus de ses industries chimiques, pétrochimiques et de transformation dans le pays.
Par ailleurs, la fermeture du détroit d’Détroit d’Ormuz, depuis lundi, par lequel transitent environ 20 millions de barils de pétrole par jour, a entraîné une hausse des coûts du transport maritime et des assurances, ainsi qu’une augmentation des prix du pétrole, suscitant des craintes quant à des répercussions économiques à l’échelle mondiale.
(APS)



