Escalade au Moyen-Orient: appels à prévenir une crise humanitaire et alimentaire majeure
L’escalade militaire dans la région du Moyen-Orient et du Golfe se poursuivait mardi pour le 25e jour consécutif, dans un contexte marqué par des appels incessants à la communauté internationale à intensifier sa mobilisation pour prévenir une catastrophe humanitaire et alimentaire de grande ampleur dans la région et trouver une solution diplomatique à la crise.
Face à ces tensions persistantes, plusieurs agences onusiennes et humanitaires continuent de faire part de leurs craintes quant à une mutation de la guerre dans la région vers une crise alimentaire et humanitaire majeure dont les civils payent le prix, et alertent sur l’ampleur de la crise énergétique résultant du ciblage des installations énergétiques et des infrastructures économiques et vitales.
Dans ce contexte, le Programme alimentaire mondiale des Nations unies (PAM) a indiqué, dans un communiqué, qu' »environ 45 millions de personnes pourraient basculer dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë si le conflit dans la région se poursuit », notant que « la crise risque de se transformer en une catastrophe humanitaire généralisée en l’absence d’une réponse adéquate ».
Il a ajouté que « le nombre total de personnes susceptibles de souffrir d’insécurité alimentaire pourrait atteindre 318 millions d’ici juin prochain, si les troubles actuels se poursuivent ».
Le PAM a noté que « cette escalade a perturbé la distribution de dizaines de milliers de tonnes d’aide alimentaire destinées aux pays les plus pauvres du monde ».
Lors d’une conférence de presse lundi soir au siège de l’ONU, le directeur exécutif adjoint du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), Ted Chaiban, a indiqué, pour sa part, que les enfants de la région « paient un lourd tribut » et que « toute escalade vers une guerre plus large et plus longue serait catastrophique pour des millions d’autres ».
Le responsable onusien a appelé, à cet effet, la communauté internationale à prendre trois mesures immédiates: « cessez-le-feu, protection des civils et des infrastructures civiles et garantie d’un accès sûr, rapide et sans entrave à l’aide humanitaire ».
De son côté, l’Organisation des Nations unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) a averti que si les violences se poursuivent, le Moyen-Orient sera confronté à une crise éducative plus profonde, caractérisée par un déni croissant d’éducation pour les enfants les plus vulnérables, la perte d’enseignants et de chercheurs, un affaiblissement de la confiance du public dans les institutions, ainsi que des dommages durables aux capacités scientifiques de la région.
S’agissant des conséquences économiques et logistiques de cette guerre, le directeur exécutif du Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets, Jorge da Silva, a déclaré que les répercussions de la situation s’étendent au-delà de la région, « car les prix élevés du pétrole, du carburant et du gaz déstabilisent l’économie mondiale ».
D’après ce responsable, les opérations humanitaires subissent également une pression croissante, la fermeture de l’espace aérien, des voies maritimes et des principaux points de passage entravant l’accès aux fournitures essentielles, notamment aux médicaments. Da Silva a souligné à cet effet qu' »il n’y a pas de solution militaire », appelant à « un regain d’efforts diplomatiques pour mettre fin à la crise ».
Par ailleurs, la scène régionale continue de faire l’objet d’une intense activité diplomatique menée par les dirigeants des pays de la région à travers une série de contacts internationaux visant à discuter des répercussions de cette escalade croissante et des moyens de la contenir et d’en réduire les risques.
Ainsi, le ministre saoudien des Affaires étrangères F ayçal ben Farhan Al-Saoud, s’est entretenu, au cours de ces dernières heures par téléphone, avec son homologue thaïlandais, Sihasak Phuangketikeo, afin d’évoquer les derniers développements dans la région et les efforts internationaux en cours.


