Des experts de l’ONU appellent au démantèlement de la Fondation humanitaire de Ghaza

Des experts de l’ONU appellent au démantèlement de la Fondation humanitaire de Ghaza (GHF), condamnant l’exploitation de l’aide humanitaire à des fin militaires et géopolitiques en violation grave du droit international.
« La crédibilité et l’efficacité de l’aide humanitaire doivent être restaurées en démantelant la GHF, (…) et en permettant aux acteurs humanitaires expérimentés des Nations unies et de la société civile de reprendre les rênes de la gestion et de la distribution de l’aide vitale », plaident-ils dans un communiqué commun.
Pour ces experts, cette fondation « est un exemple extrêmement inquiétant de la manière dont l’aide humanitaire peut être instrumentalisée à des fins militaires et géopolitiques secrètes, en violation grave du droit international ».
Le texte signé par une trentaine d’experts onusiens dont Francesca Albanese, Mary Lawlor, Michael Fakhri et Irene Khan, dénonce « l’implication des services de renseignement (sionistes), des sous-traitants américains et d’entités non gouvernementales ambiguës » et souligne « l’urgence d’une surveillance et d’une action internationales solides sous l’égide de l’ONU ».
Les experts de l’ONU accusent les forces sionistes et les entreprises militaires étrangères impliquées dans la GHF « d’ouvrir le feu aveuglément sur les personnes en quête d’aide dans les soi-disant +sites de distribution+ gérés par la GHF ».
Ils précisent, à ce titre, que depuis sa création, plus de 1.400 personnes ont été tuées et plus de 4.000 autres ont été blessées alors qu’elles cherchaient de la nourriture.
« Qualifier ces sites d’+humanitaires+ constitue une insulte à l’action et aux normes humanitaires », déclarent ces experts, relevant que cette évolution « tragique » survient dans un contexte de déplacement forcé de plus de 90% de la population et d’un bilan effarant de plus de 60 000 martyrs à Ghaza.
« Rien qu’au cours des dernières semaines, le ministère de la Santé de Ghaza a fait état de 180 décès dus à la malnutrition, dont 93 enfants », ajoutent-ils.
Affirmant que les Palestiniens paient le prix fort de l’échec juridique, politique et moral de la communauté internationale, les experts de l’ONU soulignent que « bloquer ou retarder l’aide n’est pas seulement inhumain : c’est un crime de guerre visant à affamer les civils, dans le contexte d’un génocide bien documenté et mondialement dénoncé « .
Ils relèvent, dans ce contexte, que garantir l’accès à la nourriture, à l’eau, aux médicaments et aux services essentiels n’est « pas une question de charité, c’est une obligation légale, à fortiori dans le territoire palestinien illégalement occupé ».
Les experts ont exhorté, par ailleurs, les Etats membres à imposer un embargo total sur les armes à destination de l’entité sioniste en raison de ses multiples violations du droit international, à suspendre les accords de commerce et d’investissement susceptibles de nuire aux Palestiniens et à demander des comptes aux entreprises.
(APS)




