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Des députés français appellent à reconnaître les massacres du 17 octobre 1961 comme crime d’État

Des députés LFI (La France insoumise) ont soumis à l’Assemblée nationale française une proposition de résolution officielle visant à faire reconnaître le massacre du 17 octobre 1961 à Paris comme un crime d’État.

Cette initiative symbolique vise à rendre justice aux milliers d’Algériens morts ou disparus lors de la répression sanglante menée par la police française contre des manifestants pacifiques.

La proposition  de résolution n°1899, déposée durant la 17e législature, appelle à une reconnaissance pleine et entière de la responsabilité de l’État français dans les événements du 17 octobre 1961, sans la limiter à la personne du préfet de police de l’époque, Maurice Papon.

Le texte stipule que le gouvernement français doit reconnaître publiquement la responsabilité de l’État dans les crimes commis la nuit du 17 octobre 1961, et que cette date soit inscrite dans le calendrier républicain comme journée nationale officielle de commémoration des victimes, en tant qu’événement majeur de l’histoire contemporaine de la France et de ses relations avec l’Algérie.

Dans le préambule, il est rappelé que des milliers d’Algériens résidant en France ont participé à une manifestation pacifique, répondant à l’appel du Front de libération nationale (FLN), pour protester contre le couvre-feu discriminatoire imposé par la police parisienne aux « Musulmans d’Algérie ».

Les forces de police parisiennes ont exercé une répression brutale, faisant des centaines de martyrs, jetant des manifestants dans la Seine et arrêtant environ 12 000 personnes dans des conditions qualifiées d’inhumaines dans des lieux de détention provisoires.

La proposition souligne que le bilan officiel de l’époque ne faisait état que de trois morts, tandis que des historiens comme Jean Luc Einaudi estiment le nombre de victimes entre 100 et 300, affirmant que ces événements résultent d’une politique répressive systématique supervisée par Maurice Papon.

Les auteurs du texte insistent sur le fait que ce massacre ne peut être considéré comme une simple bavure locale ou un acte isolé, mais comme l’expression d’un système colonial et d’un appareil d’État raciste. Ils dénoncent également le camouflage de la vérité qui a perduré pendant des décennies en raison du silence officiel et de l’absence d’enquête judiciaire indépendante.

Les députés estiment qu’une reconnaissance parlementaire officielle constituerait une étape importante vers la construction d’une mémoire historique partagée entre la France et l’Algérie, fondée sur la vérité, la justice et le respect mutuel, loin de toute instrumentalisation politique ou idéologique.

En conclusion, les parlementaires appellent le gouvernement à « reconnaître publiquement la responsabilité pleine et entière de l’État français dans les massacres du 17 octobre 1961, en tant que crime d’État, et non à en limiter la responsabilité au seul préfet de police de l’époque », et à inscrire cette date dans le calendrier républicain « comme journée officielle de commémoration, en hommage aux victimes de ces violences d’État et en reconnaissance de cette tragédie historique ».

(Al24News)

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