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Déchets, eaux usées et maladies : à Ghaza, la crise sanitaire menace

Dans la bande de Ghaza, la population ne dort plus la nuit. A cause des bombardements, bien sûr, mais aussi de l’odeur pestilentielle et des nuées de mouches, où une crise sanitaire menace de s’abattre, au dixième mois de guerre.

C’est ce que craint l’ONG néerlandaise de promotion de la paix PAX, qui assure dans un rapport publié jeudi que la bande de Ghaza se retrouve désormais « noyée » sous une montagne de déchets et de décombres, vecteurs de maladies et contaminations en tout genre.

« On ne fait que souffrir, on ne vit pas », déplore Oum Nahed Abou Shar, mère de famille de 45 ans, sous la tente d’un camp de déplacés à Deir al-Balah, dans le centre du petit territoire palestinien dévasté par la guerre menée par l’entité sioniste.

« La chaleur, les maladies, les mouches, les moustiques (…), tout cela nous fait du mal. Ces jours-ci, on ne dort plus la nuit à cause de l’odeur des eaux usées », relate-t-elle, alors que les stations de pompage ont cessé de fonctionner mardi faute de carburant, selon la mairie de Deir el-Balah.

Dans une bande de Ghaza à genoux, déjà privée d’alimentation électrique depuis neuf mois de siège, la municipalité redoute une « catastrophe sanitaire et environnementale » pour plus de 700.000 personnes.

Pour Mme Abou Shar, c’est déja une réalité. Ses enfants, dit-elle, sont « malades en permanence en raison de quelque chose qui se propage par les déchets ».

A la faim, qui tenaille les quelque 2,4 millions de Palestiniens de Ghaza, s’ajoutent désormais les risques de gale, varicelle, éruptions cutanée et propagation de poux, disent des médecins sur place.

Et jeudi soir, le ministère de la Santé palestinien a annoncé la détection de la présence du virus de la polio » à l’issue de tests réalises « sur des échantillons d’eaux usées en coordination avec l’Unicef ».

 

L’eau, « arme de guerre » –

Oum Youssef Abou al-Qumsan fait également partie des déplacés de Deir el-Balah. Cette grand-mère de 60 ans affirme y mener une vie de misère, « entre les détritus et les insectes ».

Tous les jours ou presque, elle patiente dans une file d’attente pour consulter une infirmière. Elle y emmène ses petits-enfants. Les médicaments, cela se trouve encore, « mais on ne sait pas si c’est sûr de manger ou de boire » de l’eau, s’inquiète-t-elle.

Selon un rapport de l’ONG Oxfam publié jeudi, la quantité d’eau disponible à Ghaza s’est effondrée de 94% depuis le déclenchement de la guerre. Cette dernière menée par l’entité sioniste a fait jusqu’à présent 38.848 morts, d’après des données du ministère de la Santé de Ghaza.

Sur place, Oxfam dénonce que l’occupant sioniste « utilise l’eau comme arme de guerre », provoquant « une catastrophe sanitaire mortelle ». La quantité d’eau disponible pour un Ghazaoui n’est plus que de 4,74 litres par jour, soit « moins du tiers de la quantité minimum recommandée dans les situations d’urgence. »

« On souffre de l’odeur nauséabonde des déchets, de la fumée (des incendies et bombardements) et de la chaleur », affirme lui aussi Muhammad al-Kahlot, du Croissant-Rouge palestinien à Ghaza.

La question des déchets, qui s’empilent dans un territoire pilonné sans relâche par l’armée sioniste, est porteuse d’une menace profonde et de long terme, selon PAX, qui a analysé pour son étude des images satellites sur lesquelles apparaissent 225 déchetteries à ciel ouvert.

PAX met en garde contre la formation d’une « soupe chimique » alimentée par des métaux lourds accumulés bombardement après bombardement, qui pourrait finir par contaminer les nappes phréatiques et les sols.

« Si pour Ghaza le danger est imminent, la région toute entière pourrait bientôt faire face à de graves problèmes d’écosystèmes et de santé publique », anticipe PAX.

 

AFP

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