De nouvelles révélations sur l’espionnage avec Pegasus contre le gouvernement espagnol prouvent une fois de plus l’implication du Maroc

Le journal électronique espagnol d’information « Ok Diario » a révélé mardi que le chef des services de renseignements marocains, Abdellatif Hammouchi, homme de confiance du roi Mohammed VI et agent de l’ombre du régime du makhzen, est l’architecte de l’espionnage avec Pegasus contre le gouvernement Sánchez en 2022.
En mai 2022, le gouvernement espagnol a rapporté que le Centre national de renseignements avait détecté des signes d’espionnage par Pegasus sur les téléphones portables de Sánchez et de la ministre de la Défense, Margarita Robles, entre 2020 et 2021. Par la suite, d’autres membres de l’exécutif espagnol, comme le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, ont également été concernés.
Suite à la révélation de ces faits, l’enquête sur l’affaire Pegasus a commencé, portant sur l’espionnage présumé réalisé avec un logiciel sioniste sur les téléphones portables de Sánchez et de plusieurs ministres.
Pegasus est un logiciel espion de fabrication sioniste qui, une fois installé sur un téléphone, est capable d’activer le microphone et la caméra du terminal depuis un panneau de commande distant. De plus, il fait office de géolocalisateur, permettant de savoir exactement où se trouve le propriétaire.
De craintes des répercussions de ce scandale d’espionnage de masse – d’autres dirigeants européens avaient également été ciblés – ainsi que pour minimiser l’embarras politique et empêcher la publication d’autres détails par des médias internationaux qui ont établi que les services secrets marocains étaient responsables du piratage de nombreux téléphones portables avec le programme malveillant Pegasus, le régime du Makhzen a lancé une campagne d’intimidation judiciaire et de dénigrement contre des journalistes.
En novembre 2024, le Tribunal provincial de Madrid a rejeté le procès pour « action de vantardise » intenté par le Royaume du Maroc contre le journaliste Ignacio Cembrero, qui subit continuellement des attaques de Rabat.
La nouvelle selon laquelle le Maroc espionnait l’Espagne et d’autres pays européens avec un logiciel sioniste a sonné l’alarme dans toute l’Europe.
Peu après que l’ampleur de ce scandale d’infiltration de téléphone de hauts responsables européens ait été rendue publique, une commission d’enquête sur l’ affaire Pegasus a été installée par le Parlement européen afin de y jeter de la lumière.
En 2023, cette commission a rendu son rapport après plus d’un an de travaux, en désignant le Maroc comme « possiblement » responsable de l’espionnage des téléphones portables de Sánchez, Robles et Marlaska.
Des détails sur les chantages et des pressions exercées sur Sanchez, d’autres dirigeants et des journalistes et le lobbying en coulisses sur plusieurs dossiers notamment le Sahara occidental, apparaissent dans plusieurs enquêtes publiées par la presse espagnole et occidentale.
Abdellatif Hammouchi est un intouchable du régime du makhzen, selon Ok Diario. Il est responsable de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST). Autrement dit, il est à la tête de la police marocaine et de l’appareil d’espionnage.
En janvier 2014, la justice française l’a convoqué pour l’accusation d’enlèvement et de torture d’un citoyen franco-marocain nommé Zakaria Moumni dans la prison secrète de Témara -près de Rabat). Moumni a déclaré que l’un de ses tortionnaires était Hammouchi, mais Rabat a utilisé l’immunité diplomatique pour l’exfiltrer. La CIA a confirmé l’existence de ce centre de détention clandestin dans un rapport de plus de 6 000 pages.
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