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Crise migratoire à la frontière « militarisée » entre le Pérou avec le Chili, l’ONU « préoccupée »

Des centaines de migrants sont pris en étau depuis plusieurs semaines entre deux cordons militaires déployés de part et d’autre de la frontière entre le Chili et le Pérou, les deux pays se rejetant mutuellement la responsabilité de ce drame, alors que les agences de l’ONU se disent « préoccupées » par cette crise migratoire.

Les migrants, en majorité des Vénézuéliens et de Haïtiens, tentent de fuir le durcissement des conditions de séjour au Chili après le renforcement des contrôles imposés aux migrants, et se sont dirigés vers la frontière nord
avec le Pérou, probablement pour rejoindre leurs pays d’origine.

Face à cette déferlante, les autorités péruviennes accusent les militaires chiliens de faciliter l’entrée illégale des migrants sur le territoire du Pérou et ont annoncé dans la foulée la  » militarisation » des frontières sud pour 60 jours afin de freiner l’entrée des migrants en provenance du Chili.

Un décret dans ce sens a été signé par la présidente péruvienne Dina Boluarte, qui déclare « l’état d’urgence  » à la frontière pour y  » rétablir l’ordre « .

Le décret prévoit également des restrictions à la liberté de transit et au droit de réunion aux frontières avec le Chili, la Bolivie, le Brésil, l’Equateur et la Colombie, pointant du doigt l’insécurité croissante provoquée par « ceux qui commettent quotidiennement des agressions, des vols et d’autres actes criminels (qui) sont des étrangers ».

Face aux reproches faits au Chili qui cherche, selon le Pérou, à « transférer ses problèmes à la frontière », le gouvernement chilien a appelé au « dialogue » pour résoudre la crise migratoire qui est un  » problème
régional « .

Le Chili se défend d’être à l’origine de la crise, rappelant le déploiement de ses forces armées à la frontière avec le Pérou et insistant que « certains citoyens tentent de quitter le Chili mais la police péruvienne les empêche d’entrer ».

Pendant ce temps, l’Organisation des Nations Unies a tiré la sonnette d’alarme sur la situation dramatique des migrants bloqués à la frontière entre les deux pays.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a affirmé que l’ONU et Hautcommissariat aux réfugiés (HCR) étaient « très préoccupés » par la situation de ces personnes, dont la majorité, « manquent d’abris, d’eau, de nourriture
et de services de santé », précisant que les migrants les affectés sont les mineurs non accompagnés et les personnes atteintes de maladies chroniques.

Une lueur d’espoir est apparue après l’annonce par le ministre péruvien de l’intérieur, Vicente Romero, au sujet de l’ouverture d’un corridor humanitaire qui permettrait à ces migrants de rentrer chez eux.

Selon le ministre, les gouvernements du Pérou, du Chili, de l’Equateur et du Venezuela examinent la possibilité d’ouvrir un couloir humanitaire pour permettre à des centaines de migrants ayant quitté le territoire chilien de
retourner dans leur pays d’origine, le Venezuela.

L’objectif de ces concertations entre les quatre pays est de « donner la sécurité nécessaire à tous les étrangers qui souhaitent volontairement retourner dans leur pays ».

APS

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