Asie

Corée : les Sud-Coréens autorisés à consulter le principal journal nord-coréen

Les citoyens sud-coréens sont désormais autorisés à consulter le Rodong Sinmun, principal organe de presse de la Corée du Nord, dans les institutions où il est disponible, mettant fin à des décennies de restrictions liées aux lois de sécurité nationale.

Longtemps considéré comme un journal de propagande officielle du Parti du travail de Corée, le Rodong Sinmun était jusqu’ici inaccessible au grand public sud-coréen sans autorisation préalable. La lecture du quotidien nécessitait en effet une démarche administrative et la justification explicite de l’intérêt porté à son contenu.

Ce changement intervient sous la présidence de Lee Jae Myung, arrivé au pouvoir en juin et partisan d’une approche plus mesurée à l’égard de Pyongyang. Le chef de l’État a récemment déclaré, sur un ton léger, qu’il ne pensait pas que la population sud-coréenne « deviendrait communiste » en consultant ce journal.

Bien que les relations entre la Corée du Sud et la Corée du Nord restent marquées par des tensions, les lois sud-coréennes sur la sécurité nationale ont progressivement évolué. Certaines restrictions restent toutefois en vigueur : l’accès aux sites internet nord-coréens demeure par exemple bloqué depuis les adresses IP sud-coréennes.

Dans la capitale Séoul, cette décision suscite des réactions partagées. Pour le directeur d’une plateforme spécialisée dans la consultation de médias nord-coréens, la mesure revêt avant tout une portée symbolique. Il estime néanmoins qu’un accès élargi, notamment aux sites web des médias d’État nord-coréens, faciliterait le travail des chercheurs et des spécialistes de la péninsule.

Le gouvernement sud-coréen a indiqué vouloir « élargir progressivement l’accès » aux informations en provenance du Nord, dans un contexte de relations bilatérales particulièrement tendues ces dernières années. Selon le président Lee, l’assouplissement de certaines restrictions héritées de la Guerre froide constitue une opportunité de mieux appréhender la réalité nord-coréenne.

Ce point de vue est partagé par certains citoyens. Bae Jee-woo, entrepreneure, estime ainsi que les Sud-Coréens sont en mesure de consulter ce type de contenu tout en l’analysant avec discernement, en fonction de leurs propres références et convictions.

Cette ouverture reste toutefois à sens unique. En Corée du Nord, la consultation de médias sud-coréens demeure strictement interdite et passible de lourdes sanctions.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to top button