Conseil de sécurité : les A3+ appellent toutes les parties au Soudan à respecter le statut démilitarisé d’Abiyé

Le groupe A3+ au Conseil de sécurité (Algérie, Somalie et Sierra Leone+Guyana) a appelé, mercredi à New York, « toutes les parties » au Soudan à « respecter le statut démilitarisé de la région d’Abiyé » et à faciliter le travail de la force de l’ONU déployée dans cette région.
« Nous appelons toutes les parties à respecter le statut démilitarisé et exempt d’armes de la région d’Abiyé et à respecter la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abiyé (FISNUA) », a indiqué, au nom du groupe, Carolyn Rodrigues, représentante permanente du Guyana lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée au statut de cette région frontalière entre le Soudan et le Soudan du Sud.
« Il faut notamment garantir la liberté de mouvement (de la FISNUA) pour faire en sorte que le mécanisme conjoint de vérification des frontières soit pleinement opérationnel », selon le groupe.
« Nous estimons fondamentale la reprise des rencontres relatives au mécanisme politique et sécuritaire mixte ainsi que celles du comité mixte du contrôle d’Abiyé. Il faut appuyer également la nomination d’un chef de mission civil et mettre en place la force de sécurité conjointe d’Abiyé pour faire face à l’essor de la criminalité », a-t-on signalé.
« La priorité doit rester la question du statut final d’Abiyé », a assuré le groupe qui a souligné la nécessité de prendre au sérieux la question frontalière entre les deux pays « afin que puisse avoir lieu le référendum permettant à la région d’exercer son droit à l’autodétermination ».
« Nous reconnaissons l’existence de défis importants générés par le conflit en cours au Soudan ainsi que par les évolutions politiques internes au Soudan du Sud. Nous savons que ces événements ont eu des effets sur les efforts déployés pour finaliser la question du statut d’Abiyé et (sur) les opérations de démarcation de la frontière », a ajouté Mme Rodrigues au nom des A3+.
« Notre groupe considère qu’il est impératif que les deux pays respectent les principes de l’accord de 2011 », a-t-elle dit, en outre.
« La situation à Abiyé reste volatile, nous constatons une présence et des activités accrues des Forces de soutien rapide (FSR) et d’autres groupes armés dans la zone démilitarisée. Cette situation est aggravée par la prolifération d’armes légères dans cette zone », indiquent les A3+ qui se disent « profondément préoccupés ».
Par ailleurs, le groupe estime urgent le déploiement d’efforts concertés pour améliorer la situation humanitaire dans cette région où le nombre de déplacés ne cesse d’augmenter. Une situation aggravée par la prolifération de maladies contagieuses telle que le choléra.
« Les attaques visant des travailleurs humanitaires et les entraves dressées face à l’acheminement des aides humanitaires exacerbent la crise », déplorent les A3+ qui appellent à des actions concrètes dont essentiellement un cessez-le-feu au Soudan.
Sur un autre plan, les A3+ soutiennent que les efforts de consolidation de la paix doivent englober des initiatives de développement. « Les efforts collectifs (…) doivent (aussi) s’inscrire sur la durée pour la stabilisation d’Abiyé. Il faut veiller à ce que des ressources suffisantes soient rassemblées pour la bonne réalisation du mandat de la mission » de l’ONU, préconise le groupe.
Les A3+ assurent, par ailleurs, que l’Union africaine est susceptible de jouer un rôle vital, aux côtés de l’ONU, pour concrétiser la stabilité et la paix dans la région d’Abiyé.
(APS)




