International

Conflits : les violences à l’égard des femmes ont bondi de près de 90 % en deux ans

Les violences à l’égard des  femmes ont bondi de près de 90 % en deux ans et plus de 675 millions  d’entre elles vivent à proximité directe d’affrontements meurtriers, s’est  alarmé le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, dans un  rapport publié lundi, notant une régression historique des droits des  femmes dans les conflits.

Un quart de siècle après l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU  d’une résolution historique appelant à mieux représenter les femmes dans  les processus de paix, M. Guterres constate « une stagnation, voire une  régression » au cours des cinq dernières années.

Selon le document, la planète compte aujourd’hui le plus grand nombre de  conflits actifs depuis 1946. Au total, 676 millions de femmes vivent à  moins de 50 kilomètres d’un conflit meurtrier, soit le niveau le plus élevé  depuis les années 1990.

Les victimes civiles parmi les femmes et les enfants ont quadruplé en deux  ans, conséquence de guerres sans limites où les règles humanitaires  s’effacent, selon le chef de l’ONU, citant les graves violations commises  contre les femmes et les filles en Afghanistan, en République démocratique  du Congo, en Haïti, en Birmanie, au Soudan et dans les territoires  palestiniens occupés.

Invitée au point de presse quotidien de l’ONU à New York, à l’occasion de  la publication du rapport, la Directrice exécutive adjointe d’ONU-Femmes a  indiqué que « les dépenses militaires atteignent des niveaux records, tandis  que l’égalité des genres et le multilatéralisme sont attaqués ».

Le rapport évoque également la « violence reproductive » pour désigner la  destruction délibérée des maternités et le blocage de l’accès aux soins,  rappelant qu’un tel acte peut relever du crime de génocide lorsqu’il vise à  empêcher les naissances au sein d’un groupe spécifique.

« A Ghaza, des milliers d’accouchements ont lieu au milieu des décombres,  sans anesthésie, ni soins post-partum, ni eau », dénonce encore l’ONU dans  son rapport, soulignant que ces violences ne sont plus des dommages  collatéraux, « elles sont devenues des armes de guerre, aussi courantes que  les fusils d’assaut ».

Les dépenses militaires mondiales ont, elles, atteint 2.700 milliards de  dollars l’an dernier, soit une hausse de 9,4 % en un an – la plus forte  enregistrée depuis la fin de la guerre froide.

« Le chemin vers la paix ne passe pas par l’accumulation des armes, mais  par l’investisse ment dans les outils de la paix, la réalisation des droits  et le développement durable », met en garde le rapport.

(APS)  

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to top button