Conflit au Soudan : près d’un million de personnes fuient vers le Tchad

Depuis le début du conflit au Soudan il y a bientôt deux ans, près d’un million de personnes ont fui vers le Tchad voisin, dont plus de 720.000 réfugiés soudanais et plus de 220.000 Tchadiens rentrés chez eux en raison du conflit, indique un communiqué signé par une vingtaine d’ONG.
« Neuf personnes sur dix déplacées sont des femmes et des enfants, et beaucoup ont subi de terribles actes de violence (…) », selon l’ONG Action contre la Faim. Selon le communiqué, 23 organisations humanitaires internationales opérant dans l’est du Tchad préviennent que « la majorité de ces réfugiés et rapatriés n’ont pas accès à la protection et à l’éducation dont ils ont cruellement besoin ».
Le communiqué souligne que « plus des deux tiers des personnes arrivant au Tchad avaient subi une forme de violence au cours de leur épreuve, et un tiers avaient été victimes d’agression physique ».
« La plupart des réfugiés traversent la frontière avec rien d’autre que les vêtements qu’ils portent sur le dos et une abondance d’histoires poignantes », explique Alix Camus, présidente du Forum des ONG internationales et représentante de l’ONG Acted, qui soutient la gestion du site de transit d’Adré, près de la frontière. Dans certaines provinces de l’est du Tchad, plus de 8 enfants sur 10 – réfugiés, rapatriés et enfants des communautés d’accueil confondus – n’ont pas été scolarisés en 2024, selon le communiqué.
Une évaluation réalisée par l’agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR) à Wadi Fira en novembre 2024, avec le soutien du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), a révélé « un manque dramatique d’infrastructures scolaires pour les populations hôtes et déplacées et une grave pénurie d’enseignants ».
« Le retour à l’école est un moment décisif pour le présent et l’avenir des enfants. Malgré les déplacements forcés, les horreurs vécues et le traumatisme persistant, l’éducation est le moyen le plus efficace de réintroduire une routine rassurante dans leur vie et de reconstruire l’espoir », explique Mastam Degolmal, coordinateur de l’éducation du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) à Adre.
« La plus grande crise humanitaire du monde ne s’arrête pas aux frontières du Soudan », déclare de son côté Amadou Bocoum, directeur de l’organisation CARE au Tchad. La communauté internationale doit faire preuve de compassion et de solidarité en intensifiant de toute urgence ses efforts pour aider de manière appropriée et adéquate les survivants », a-t-il dit.
(APS)




