Chine–États-Unis : Pékin riposte aux taxes américaines sur les navires

La Chine a annoncé vendredi l’instauration de redevances portuaires spéciales visant les navires américains accostant dans ses ports, en réponse aux mesures similaires décidées par Washington, ont indiqué de nombreuses sources médiatiques. Cette décision marque une nouvelle escalade dans la rivalité maritime et commerciale entre les deux puissances.
Selon le ministère chinois des Transports, ces droits s’appliqueront dès mardi prochain aux bateaux appartenant à des entreprises américaines, affrétés par elles ou construits aux États-Unis. Chaque navire devra s’acquitter d’un montant initial de 400 yuans (environ 48 euros) par tonne nette, porté à 640 yuans (78 euros) en avril prochain, avant d’être progressivement relevé chaque année. Les redevances s’appliqueront à chaque voyage vers la Chine, dans la limite de cinq impositions annuelles.
Pékin souligne que cette mesure entrera en vigueur le même jour que celle imposée par Washington, qui prévoit de nouveaux frais sur les navires chinois ou exploités par des compagnies chinoises accostant aux États-Unis.
Auparavant, une enquête américaine sur l’industrie chinoise de la construction navale, lancée sous l’administration de Joe Biden, avait accusé Pékin de pratiques anticoncurrentielles.
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, avait justifié en avril ces nouvelles redevances par la volonté de réduire la domination chinoise et de relancer la production navale américaine, aujourd’hui marginalisée. Les frais américains atteignent jusqu’à 18 dollars (16 euros) par tonne nette ou 120 dollars (104 euros) par conteneur, soit plus de 1,8 million de dollars pour un navire de 15 000 conteneurs.
En réaction, un porte-parole du ministère chinois des Transports a dénoncé des mesures américaines « protectionnistes ». Il a qualifié la décision de Pékin de « démarche légitime visant à défendre les droits et intérêts » des compagnies maritimes chinoises. Il a exhorté Washington à « rectifier sans délai ses agissements » et à « mettre fin aux contraintes déraisonnables imposées à l’industrie maritime chinoise ».
Autrefois florissante, l’industrie américaine de la construction navale, qui dominait le secteur après la Seconde Guerre mondiale, ne représente plus aujourd’hui que 0,1 % de la production mondiale. L’Asie concentre désormais l’essentiel de l’activité, la Chine assurant à elle seule près de la moitié des constructions navales mondiales, devant la Corée du Sud et le Japon.




