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Avec une cohabitation gauche-droite toujours si difficile, le gouvernement Bayrou peine à surmonter l’impasse politique en France

Le nouveau Premier ministre français François Bayrou a réussi enfin à former son gouvernement. Toutefois, il a échoué dans la tâche de construire une base politique plus large.

Son exécutif est toujours fragilisé et risque d’être renversé comme celui de son prédécesseur, Michel Barnier, la France étant paralysée politiquement et l’extrême droite comme l’extrême gauche étant tout aussi capables de s’unir pour voter contre son gouvernement.

Cela pose d’énormes problèmes au président Emmanuel Macron, en poste jusqu’en 2027 mais de plus en plus impopulaire et à la tête d’un pays qui commence à paraître ingouvernable.

La composition du gouvernement de François Bayrou a été dévoilée lundi, avec notamment le retour de l’ancienne Première ministre Elisabeth Borne à la tête du ministère de l’Education nationale, et de Manuel Valls aux Outre-mer.

La principale difficulté est que le gouvernement de Bayrou ressemble beaucoup à celui de son prédécesseur, Michel Barnier. Il est composé en majorité de députés centristes et conservateurs, même si l’extrême droite de Marine Le Pen et l’alliance de gauche, le Nouveau Front populaire (NFP), constitue une majorité au Parlement.

Au vu des premières réactions des leaders de l’opposition, rien ne garantit que le nouveau gouvernement français puisse perdurer.

Le patron du PS Olivier Faure a estimé mardi 24 décembre que François Bayrou n’a respecté aucune condition posée par les socialistes pour ne pas censurer son gouvernement, réclamant ainsi un changement de cap du Premier ministre.  « Pas de dépendance à l’extrême droite, pas de passage en force avec le 49.3 et un changement de cap » étaient les principales exigences du PS, a rappelé son premier secrétaire sur le plateau de BFM TV.

« Je n’ai rien entendu de la sorte, je n’ai pas vu quoi que ce soit. A quoi ont servi ces heures passées ensemble ? A quoi ont servi ces moments où nous, nous avons cherché loyalement (…) à faire avancer les sujets (…) Je me dis que ces gens n’ont aucun respect pour personne (…) », a-t-il ajouté.  « C’est désormais à François Bayrou et à son gouvernement de comprendre que s’il n’y a pas de changement de cap, il y aura censure. Donc je verrai avec mes amis ce qui se passe le 14 janvier quand il y aura ce discours de politique générale », a conclu Olivier Faure.

« Les Français n’attendaient pas grand-chose de la nomination d’un gouvernement qui s’appuie comme le précédent sur une absence manifeste de légitimité et une majorité introuvable », a écrit Marine Le Pen sur X.

 » Dans l’attente de l’alternance, nous saurons lui rappeler que rien ne peut se faire et se décider dans le dos de onze millions de Français », a-t-elle ajouté.

Sur le même réseau social, Mathilde Panot, présidente du groupe de la France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale a écrit :  « Un gouvernement rempli de gens désavoués par les urnes et qui ont contribué à couler notre pays (…) avec le soutien de Marine Le Pen et du RN. Ce gouvernement n’a qu’un seul avenir : la censure. Avec la chute de Bayrou, le roi Macron sera nu. Son départ est inéluctable ».

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste a commenté :  « Un 4ème gouvernement toujours inspiré par Emmanuel Macron, par les LR, par le RN et avec Valls en prime ! ».

Jordan Bardella, Président Du Rassemblement National a noté  « Hélas, rien n’aura été épargné aux Français : François Bayrou a réuni la coalition de l’échec. En 2025, plus que jamais, le RN sera là pour défendre et protéger nos compatriotes, en attendant l’alternance ».

Eric Ciotti, Président De L’union Des Droites Pour La République a écrit :  « La coalition des minorités macronistes accouche en catastrophe d’un gouvernement enchaîné à l’impuissance du en-même-temps. Même les derniers éléphants socialistes participent à une équipe de revenants politiques soulignant l’isolement du ministre de l’Intérieur », a-t-il noté sur son compte X.

La mission de Bayrou n’allait pas être facile. Après tout, depuis le départ de Barnier, la situation politique n’a pas changé.

Tout d’abord, la politique française est profondément divisée. La décision hasardeuse de Macron de convoquer des élections anticipées l’été dernier a conduit à un parlement sans majorité absolue, composé de trois blocs presque égaux qui s’opposent les uns aux autres, ce qui rend impossible la constitution d’une majorité.

Il faut aussi adopter un budget 2025 attendu depuis longtemps, malgré cette fragmentation. La France est sous pression pour réduire son énorme déficit, c’est-à-dire la différence entre les dépenses et les recettes d’un gouvernement, qui a atteint cette année 6,2 % du PIB du pays, soit deux fois le niveau autorisé par les règles de l’UE.

Le premier grand test de Bayrou aura lieu le 14 janvier, lorsqu’il prononcera son discours inaugural à l’Assemblée nationale.

AL24News

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