Argentine: second débat présidentiel à deux semaines du vote

De vifs échanges ont émaillé dimanche le second débat entre les cinq candidats à la présidentielle argentine du 22 octobre, dont l’issue reste indécise.
Tour à tour, les trois principaux candidats, l’économiste ultralibéral Javier Milei, le ministre de l’Economie et candidat du bloc gouvernemental (centre-gauche) Sergio Massa, et la conservatrice Patricia Bullrich, une
ancienne ministre de la Sécurité, se sont accrochés, s’accusant mutuellement de « mentir ».
M. Milei a nié vouloir des armes en vente libre, mais seulement « faire appliquer la loi, pour que les gens honnêtes soient armés, pas les délinquants ».
Il a aussi démenti vouloir autoriser la vente d’organes humains. Mais « il y a 7.000 personnes attendant une greffe, et 300.000 donneurs potentiels, donc il y a là quelque chose qui ne fonctionne pas », a-t-il dit.
Il s’est aussi défendu de « nier le changement climatique. Ce que je dis c’est qu’il y a dans l’histoire de la terre des cycles de température ».
Mais il a raillé les « politiques qui accusent l’homme du changement climatique (et) ne visent qu’à lever des fonds ».*
Les échanges les plus tendus sont sur venus entre M. Milei et Mme Bullrich, qui se disputent l’électorat de droite. Elle a dénoncé les « voleurs » dans les listes de son rival, qui en retour l’a traitée d' »assassine », en référence à sa jeunesse militante d’extrême-gauche.
Le candidat du gouvernement Serge Massa a pour sa part reproché à M. Milei de « montrer son trait autoritaire » dans sa réponse à une autre candidate, Myriam Bregman (gauche radicale), l’accusant « de manquer de respect aux femmes ».
Le ministre a dû se défendre à plusieurs reprises sur son bilan économique, avec une inflation à plus de 120% en interannuel, « au bord de la pire crise économique de son histoire », selon M. Milei.
« L’Argentine a tout ce qu’il faut, mais les Argentins n’ont rien », a lancé Mme Bullrich, accusant « la mafia politique et syndicaliste des kirchnéristes de tout se garder », en référence aux gouvernements péronistes.
Le scrutin du 22 octobre s’annonce indécis, avec M. Milei autour de 33-35% selon une moyenne de plusieurs sondages, et voué a priori à un second tour avec M. Massa (29-30%), Mme Bullrich étant sensiblement distancée à 25-26%. Juan Schiaretti (coalition centriste) et Myriam Bregman ne dépassent pas
4%.
APS




