Appels aux jeunes marocains de gagner Ceuta et Mellila: la stratégie marocaine de la chair à canon

Le royaume du Maroc se désintéresse royalement de ses sujets et il le prouve.
Les appels lancés à grande échelle sur les réseaux sociaux aux marocains, les derniers jours, pour gagner les enclaves Ceuta et Mellila, sont l’illustration d’un malaise dans ce pays caractérisé par une gestion catastrophique et une pauvreté galopante.
Les appels en question sont également une preuve de l’absence de perspective, économique notamment, pour la majorité du peuple qui n’arrive pas à subvenir à ses besoins au moment où le roi Mohamed 6 collectionne châteaux et palaces en Europe et ailleurs.
Ils ont lieu à un moment où le gouvernement marocain élabore un projet de loi qui interdit la poursuite judiciaire pour corruption contre les politiciens et hommes d’affaires proches du régime du Makhzen, dans un contexte de scandales et de pot-de-vin croissant dans le royaume.
Les appels fusent de partout. Ce qui n’inquiète pas le royaume qui, au lieu d’œuvrer à l’amélioration des conditions de vie du peuple, mobilise une armada de policiers et gendarmes pour réprimer ceux qui veulent échapper à la dure réalité économique dans ce pays.
Cependant, le royaume rattrapé par le mépris qu’il adopte envers son peuple, est dépassé par l’ampleur des appels et la colère populaire.
Il tente, tout de même, de tirer profit de la colère populaire pour exercer une pression sur l’Europe et l’Espagne.
Le Maroc brandit la menace de l’immigration clandestine pour exercer davantage de pression sur le vieux continent, proposant de jouer le rôle du gendarme au bénéfice de l’Europe et au détriment de son peuple.
Pour stopper net le rush, le Maroc exige le ralliement de l’Europe au prétendu plan d’autonomie du Sahara Occidental sous la souveraineté du Royaume.
Le Maroc tenterait également d’exercer une pression sur l’Espagne pour, éventuellement, confier les enclaves Ceuta et Mellila au Royaume.
Des calculs politiciens faits au détriment du bien-être du peuple marocain, ne se souciant guère du devenir des candidats à l’immigration clandestine.
Ce n’est pas la première fois que le royaume du Maroc livre ses sujets à la fureur des vagues.
En mai 2021, des milliers de migrants marocains ont tenté de franchir la barrière frontalière pour accéder au territoire espagnol.
Ce qui a crée une crise diplomatique entre le Maroc et l’Espagne.
En réponse à la « fuite massive » de la jeunesse marocaine, l’Espagne a été contrainte de déployer des renforts militaires sur la côte de la ville de Ceuta. Un récent document européen note que le Makhzen utilise la carte d’immigration clandestine pour faire pression sur l’Union européenne, alors que le Maroc n’a accepté d’accueillir que 2 760 immigrés marocains sur 35 065 faisant l’objet d’arrêtés d’expulsion émis par l’Union européenne en 2023.
Depuis longtemps déjà, les corps de jeunes marocains jonchent la traversée. Certains sont morts à Nador, d’autres noyés avant d’arriver aux enclaves Ceuta et Mellila.
Les victimes sont de toutes catégories sociales, ce qui atteste que l’absence de perspective au Maroc touche l’ensemble de la société du royaume.
En avril 2024, le footballeur Hussein Biay, de l’équipe l’Etoile de Midar, mort noyé, a été rejeté par la mer.
Il a arrêté de jouer au football. Le makhzen, lui, continue de jouer avec la vie de ses citoyens.
Mounir Abi




