« Année blanche », gel des salaires, hausses d’impôts déguisées, la France au bord de l’explosion

Le Premier ministre français François Bayrou fait face à un défi politique majeur à la veille de l’annonce des grandes lignes de son plan de « sauvetage budgétaire » pour l’année 2026, visant à économiser 40 milliards d’euros à travers des mesures d’austérité sans précédent, dans un climat de rejet croissant de la part de la plupart des forces politiques, qui estiment que le plan pourrait aggraver la crise sociale et saper la légitimité du gouvernement.
Ce plan intervient dans un contexte de déficit budgétaire croissant, sous pression de Bruxelles et des marchés financiers pour réduire les dépenses publiques.
Cependant, les mesures envisagées, telles que « l’année blanche » — qui pourrait geler les dépenses publiques sans tenir compte de l’inflation — sont perçues par l’opposition, tant à gauche radicale qu’à l’extrême droite, comme injustes et dangereuses pour la stabilité sociale.
Le plan de Bayrou « oscille entre la volonté de satisfaire Bruxelles en réduisant le déficit, et une réalité politique fragile qui ne supporte pas des décisions d’austérité touchant les classes moyennes et populaires. Bayrou ne dispose pas d’une majorité confortable et risque un rejet parlementaire massif, de l’extrême gauche à l’extrême droite. »
Des observateurs estiment que des mesures comme l’année blanche, actuellement discutées dans les cercles gouvernementaux, sont une arme à double tranchant. D’un côté, c’est un outil comptable permettant d’économiser rapidement des milliards ; de l’autre, elle gèle effectivement les dépenses de l’État dans des secteurs cruciaux tels que la santé, l’éducation ou les salaires, ce qui pourrait raviver une colère sociale similaire à celle des Gilets jaunes.
Le député de gauche Éric Coquerel, président de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, a déclaré sur RTL : « Le pays joue ses dernières cartes. Et si Bayrou recourt à l’article 49.3 pour faire passer le budget, comme nous l’anticipons cet automne, La France Insoumise déposera sans doute une motion de censure contre le gouvernement. »
Il a affirmé que l’objectif est de « faire tomber ce projet avant de faire tomber Bayrou lui-même », soulignant que le gouvernement « n’a pas de majorité » et s’appuie sur les voix de l’extrême droite pour faire passer ses lois.
De son côté, le Rassemblement national a durci le ton, avertissant qu’il s’opposerait au plan s’il comprend une hausse des impôts ou l’imposition de « l’année blanche ».
Certains analystes considèrent l’année blanche comme « une manière déguisée de voler l’argent des gens », ajoutant que leur parti est prêt à faire tomber le gouvernement si cette mesure est mise en œuvre.
Selon des fuites autour de Matignon, le plan Bayrou envisagerait plusieurs mesures controversées : geler l’évolution des salaires dans la fonction publique en 2026 (sans les indexer sur l’inflation), geler ou modifier le barème de l’impôt sur le revenu pour alléger la charge de l’État sans annoncer officiellement une hausse d’impôt.
Il prévoit également une contribution exceptionnelle demandée aux retraités — qualifiée de « ligne rouge morale » — ainsi qu’une réduction des aides sociales ou une révision des critères d’accès à celles-ci, et une remise en question de certaines dépenses d’État considérées jusqu’ici comme « intouchables », telles que la contribution au budget de l’Union européenne ou les coûts liés à l’immigration.
La situation actuelle constitue l’épreuve politique la plus périlleuse pour François Bayrou depuis sa prise de fonctions.
Bayrou n’est pas un homme de confrontations populistes, mais il se trouve aujourd’hui au cœur d’une équation impossible : satisfaire la Commission européenne et les marchés sans déclencher une explosion sociale. Ce qui complique encore sa tâche, c’est l’absence de soutien politique solide à l’Assemblée nationale, où la majorité est fragile, les alliances instables, et l’opposition se prépare à l’affrontement.
L’échec du plan 2026 ne signifierait pas seulement la chute du gouvernement, mais pourrait replonger le pays dans une paralysie politique semblable à celle de décembre dernier avec la chute du gouvernement Barnier. En ce sens, Bayrou ne joue pas seulement son avenir, mais la stabilité de la République elle-même à un moment critique.
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