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Amérique Latine: bienvenue au crépuscule du droit international

Encore un pays souverain qui se réveille sous le fracas des explosions et des frappes militaires, à peine trois jours après que le monde se soit échangé des vœux de paix et de prospérité.

Le peuple vénézuélien a vécu, à l’aube de cette journée, l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire contemporaine et du droit international : une capitale bombardée et un président élu arrêté par des forces étrangères.


À Caracas, la stupeur et l’indignation dominent , le chef de l’État vénézuélien et la Première dame ont été interpellés sur le sol d’un État souverain, par les forces américaines, en violation manifeste des principes fondamentaux du droit international.

Une arrestation qui contrevient notamment à la Charte des Nations unies, laquelle consacre l’égalité souveraine des États et interdit le recours à la force ainsi que toute ingérence dans les affaires intérieures d’un pays.

Cet épisode illustre l’état de déliquescence d’un ordre juridique international fragilisé, mis à rude épreuve par des pratiques d’intervention unilatérale qui se multiplient, au Venezuela comme ailleurs.

Le droit international, pourtant conçu pour prévenir précisément ce type d’escalade, apparaît de plus en plus marginalisé face à la primauté du rapport de force.

Au cœur de cette crise, le multilatéralisme vacille , fondé sur le principe de la résolution pacifique des différends, inscrit dans l’article 2 de la Charte des Nations unies, il cède le pas à des doctrines sécuritaires héritées du début du XXᵉ siècle , des doctrines archaïques, fondées sur l’usage de la force, qui ont pourtant conduit l’humanité à deux guerres mondiales aux conséquences dévastatrices.

Ce retour aux réflexes du siècle dernier fait peser une menace directe sur l’avenir des relations internationales. Il relègue au second plan l’idéal de paix, pourtant pilier central des théories modernes des relations internationales et fondement même de l’ordre international issu de 1945.

Parmi les dommages collatéraux les plus préoccupants figure l’affaiblissement du rôle des Nations unies , Institution pourtant désignée comme garante de la paix et de la sécurité internationales, l’ONU peine aujourd’hui à faire respecter le droit international, malgré un arsenal juridique conséquent.

Impuissant, le Conseil de sécurité, paralysé par les rapports de force entre grandes puissances, se révèle souvent incapable de traduire ce droit en mesures coercitives applicables de manière équitable.

L’histoire latino-américaine offre, à cet égard la meilleure des illustrations. Selon l’historien américain John Coatsworth, les États-Unis sont intervenus à quarante-et-une reprise en Amérique latine entre 1898 et 1994.

Un interventionnisme récurrent, qui a profondément façonné les équilibres politiques de la région, souvent au détriment de la souveraineté des États et de la stabilité régionale.

Qu’elles soient menées par Washington ou par d’autres puissances, ces interventions unilatérales présentent un risque majeur pour la paix internationale , Perçues comme hégémoniques, elles déstabilisent des régions entières, alimentent les conflits internes, encouragent une course aux armements et incitent d’autres acteurs internationaux à recourir à la force.

Un engrenage dangereux, susceptible de rompre l’équilibre stratégique mondial et d’ouvrir la voie à des conflits de haute intensité.


Kheireddine Batache/Rédaction AL24NEWS 

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