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Aide au développement : l’ONU redoute 22 millions de morts évitables d’ici 2030

Les coupes sévères dans l’aide internationale au développement risquent de provoquer plus de 22 millions de décès évitables d’ici quatre ans, a alerté le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), Volker Türk.

S’exprimant jeudi devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, à Genève, lors d’une table ronde sur le financement du développement durable, Volker Türk s’est inquiété de cette inégalité, « force tranquille » qui décide du sort de millions de personnes dans le monde.

« Elle détermine qui mange, qui apprend, qui a accès au logement et aux soins de santé – et qui n’y a pas accès », a regretté le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. Ces constats se reflètent dans les réalités sociales mondiales : une personne sur quatre souffre d’insécurité alimentaire et une sur trois vit sans logement adéquat.

Selon M. Türk, plus de la moitié de la population mondiale travaille dans l’économie informelle, sans avoir accès à des congés de maladie payés, à des congés de maternité ou à d’autres formes de protection sociale. Cela est particulièrement vrai pour les femmes . Près de 60 % des femmes actives travaillent dans l’économie informelle. Ces déséquilibres dans l’accès au travail et à la protection sociale s’inscrivent dans un contexte plus large de fortes inégalités économiques à l’échelle mondiale.

Au cours des 20 dernières années, les 1 % les plus riches ont accaparé 41 % de toutes les nouvelles richesses, tandis que les 50 % les plus pauvres n’en ont reçu que 1 %. Dans ce contexte, la situation financière de nombreux pays en développement illustre également ces déséquilibres. En 2024, les pays en développement ont versé un montant record de 415 milliards de dollars en intérêts, soit plus du double de ce qu’ils avaient payé dix ans auparavant.

Selon le HCDH, le paiement des intérêts de la dette enferme finalement les Etats dans une spirale de sous-développement et réduit les ressources disponibles pour la santé, l’éducation, la sécurité sociale et d’autres droits économiques et sociaux. Le Haut-Commissaire a également présenté plusieurs priorités pour répondre à ces défis, dont la réforme de l’architecture financière internationale, y compris la restructuration de la dette. Parmi les solutions avancées : dépasser le produit intérieur brut comme principal indicateur de progrès.

Le véritable critère du développement, selon lui, ne devrait pas être la richesse produite, mais la capacité de l’économie à améliorer le bien-être des populations. Le chef des droits de l’homme appelle également à œuvrer en faveur d’une protection sociale universelle. « Enfin, il faut développer le financement direct de l’environnement sous forme de subventions », a-t-il affirmé, prônant une hausse des ressources destinées aux Etats qui sont en première ligne face aux dommages environnementaux.

(APS)

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