Accord UE/USA : le Premier ministre français regrette « un jour sombre », où l’Europe « se résout à la soumission »

L’accord commercial conclu dimanche entre les États-Unis et l’Union européenne présente des avantages, notamment pour certaines filières, mais il est déséquilibré et doit être affiné pour intégrer un volet sur les services, estiment lundi plusieurs ministres français.
Le Premier ministre français François Bayrou a regretté lundi « un jour sombre » pour l’Europe qui « se résout à la soumission » en signant l’accord commercial annoncé dimanche entre l’Union européenne et les États-Unis.
« C’est un jour sombre que celui où une alliance de peuples libres, rassemblés pour affirmer leurs valeurs et défendre leurs intérêts, se résout à la soumission« , a réagi le chef du gouvernement sur X.
Cet accord établit à 15% les droits de douane américains sur les produits européens et l’UE s’engage à 750 milliards de dollars d’achats d’énergie – visant notamment à remplacer le gaz russe – et à 600 milliards d’investissements supplémentaires aux États-Unis.
« C’est une défaite de la Commission européenne qui n’a pas su créer le rapport de force et défendre correctement les intérêts européens« , a de son côté réagi Pieyre-Alexandre Anglade, député macroniste et président de la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale.
Il dénonce un « signal de faiblesse » envoyé « à nos concurrents » et « Il faut se battre pour inverser les choses. »
Une critique partagée dans les rangs du Rassemblement national.
« Ursula von der Leyen a accepté hier la reddition commerciale de l’Europe, au détriment de nos exportateurs, agriculteurs et industriels », a dénoncé sur X Jordan Bardella.
Parallèlement , le premier secrétaire du Parti socialiste français, Olivier Faure, a qualifié d’honteux l’accord commercial conclu entre l’Union européenne et les États-Unis.
« L’accord UE-USA est une honte. Il donne le point à Trump en se soumettant à ses conditions et démontre qu’une fois encore les Européens privilégient leurs intérêts nationaux à toute logique européenne« , a-t-il écrit sur le réseau social X.
De son côté, Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France insoumise (LFI), parti de gauche, a estimé que « tout a été cédé à Trump ».
Plus tôt, la politologue et directrice adjointe du Centre de recherche sur la sécurité internationale et la coopération européenne à l’Université de Grenoble, Delphine Deschaux-Dutard, a déclaré que « Paris a besoin de trouver le bon ton », et qu’« il ne faut pas croire que la France sera le nouveau leader mondial de la défense qui remplacera les États-Unis, et que l’Union a besoin de héros européens » , Elle a résumé en disant : « La France doit faire preuve de diplomatie et ne pas paraître arrogante»
La réaction du président américain aux déclarations de Macron sur la création d’une armée européenne unifiée en dehors du cadre de l’OTAN qu’il a qualifiée « d’insulte à l’Amérique » , pourrait confirmer que les ambitions de Macron de diriger l’Europe n’étaient et ne sont encore que simple chimère politique et que les ambitions de Macron ne se réaliseront pas même avant qu’il quittera peut-être son poste, surtout dans un contexte de crise politique et économique interne croissante, marqué par les divisions, les dettes et un gouvernement sous la menace constante d’une motion de censure.
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