Brésil: pas « d’implication directe » de l’armée dans les émeutes, selon le ministre de la Défense

Le ministre brésilien de la Défense, José Mucio, a estimé vendredi qu’il n’y avait pas eu d' »implication directe » de
l’armée dans les émeutes à Brasilia, après une rencontre, la première depuis les faits, entre le commandement militaire et le nouveau président Lula.
« Je comprends qu’il n’y a pas eu d’implication directe des forces armées, mais si un élément a été impliqué, il devra répondre en tant que citoyen », a déclaré M. Mucio à des journalistes au terme de la rencontre.
Le nouveau président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva recevait les commandants de l’armée de Terre, Julio Cesar de Arruda, de la Marine, Marcos Olsen, et de l’armée de l’Air, Marcelo Damasceno.
Il s’agit de la première rencontre entre Lula et le commandent militaire depuis les émeutes du 8 janvier à Brasilia lorsque des partisans radicalisés de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro ont pris d’assaut les centres du pouvoir dans la capitale.
Les chefs militaires « acceptent » que des sanctions soient prises contre les membres des forces armées impliqués dans les émeutes, a ajouté le ministre de la Défense, soulignant cependant que les participants à la rencontre n’avaient pas évoqué à proprement parler les émeutes.
Lula a entamé une purge au sein de l’appareil militaire au service de l’exécutif après avoir exprimé sa méfiance à l’égard de certains membres chargés de sa sécurité. Au total, 53 d’entre eux ont été renvoyés cette
semaine dont treize faisaient partie du Cabinet de la sécurité Institutionnelle (GSI), une instance gouvernementale chargée d’assister le chef d l’Etat dans sa politique de sécurité nationale et de défense.
Plus de 4.000 partisans de l’ancien président Jair Bolsonaro ont semé le chaos à Brasilia, envahissant et saccageant le palais présidentiel, le Congrès et la Cour suprême.
Des infrastructures, des oeuvres d’art inestimables et du mobilier faisant partie du patrimoine national ont été détruits par les émeutiers, qui ont laissé derrière eux des graffitis appelant à un coup d’Etat militaire.
Plus de 2.000 personnes ont été arrêtées immédiatement après les faits et 1.400 sont toujours détenues. Elles font face à plusieurs chefs d’accusation pour « actes antidémocratiques ». Le parquet a engagé des poursuites formelles contre 39 d’entre elles.
APS




