Escalade au Moyen-Orient: mises en garde contre un conflit généralisé et appels au dialogue

L’escalade militaire au Moyen-Orient et dans la région du Golfe se poursuivait dimanche pour le 23e jour consécutif sur fond de nouvelles mises en garde contre le risque de déstabilisation régionale et d’élargissement du conflit, au moment où les appels au dialogue, à la retenue et à la protection des populations civiles se succèdent.
Face à cette tension persistante et ses conséquences potentiellement dangereuses sur les plans sécuritaire, économique et humanitaire dans la région, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé à la nécessité de mettre fin à l’escalade, avertissant des risques qu’elle échappe totalement à tout contrôle.
Le patron de l’ONU a également ordonné la réouverture du détroit d’Ormuz, l’un des principaux passages commerciaux mondiaux, soulignant qu’une fermeture prolongée causerait de grandes souffrances à de nombreux peuples à travers le monde « qui n’ont aucun lien avec ce conflit ».
Il a aussi insisté sur le fait qu’ »il est temps que la primauté du droit l’emporte sur la loi de la force et que la diplomatie triomphe de la guerre ».
De son côté, le Conseil européen, dans sa déclaration finale du sommet de Bruxelles, a appelé à la désescalade et à la retenue maximale, à la protection des civils et des infrastructures civiles, et au respect total du droit international, y compris les principes de la Charte des Nations unies et du droit international humanitaire. Le document souligne que l’Union européenne (UE) « est pleinement prête à contribuer à tous les efforts diplomatiques visant à réduire les tensions et à parvenir à une solution durable pour mettre fin à l’escalade ».
Dans le même contexte, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que son pays mobilisait tous ses moyens pour assurer la paix et la stabilité dans la région et pour relancer le dialogue et la diplomatie, en vue de contenir la situation. Pour sa part, le roi jordanien, Abdallah II, a souligné la nécessité de mettre fin à l’escalade et de recourir à la diplomatie pour résoudre le conflit et parvenir à un apaisement global rétablissant la stabilité dans la région.
La Chine a, elle aussi, réitéré par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, que l’une des priorités actuelles est de « contenir l’extension du conflit au Moyen-Orient », appelant à intensifier les efforts pour promouvoir les pourparlers de paix et à ce que l’ »ONU et le Conseil de sécurité jouent pleinement leur rôle afin de rétablir le plus rapidement possible la paix et la stabilité dans la région ».
S’agissant de l’escalade sur la navigation aérienne, le Qatar a adressé une lettre officielle au président de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), Toshiyuki Anoma, dans laquelle il a présenté les conséquences de la fermeture de l’espace aérien et les perturbations engendrées sur le trafic aérien et le transport de fret à travers le pays, ainsi que les mesures prises pour assister les passagers affectés, y compris l’organisation de vols d’évacuation et la fourniture des services nécessaires.
Le Qatar a souligné l’importance de la réouverture rapide des aéroports en raison du rôle stratégique de la région comme hub de transit mondial et comme pôle majeur du transport aérien international.
De son côté, l’Autorité de l’aviation civile irakienne a annoncé la prolongation de la fermeture de l’espace aérien irakien pour tous les vols entrants, sortants et de transit de 72 heures supplémentaires, à compter de dimanche midi.
« Cette décision repose sur une évaluation continue de la situation sécuritaire et des développements régionaux », a précisé l’Autorité, ajoutant qu’ »une réévaluation sera effectuée en fonction des évolutions, avec notification aux compagnies aériennes et parties concernées de toute mise à jour ultérieure ».



