Escalade militaire au Moyen-Orient: les efforts diplomatiques se multiplient pour contenir le conflit

La région du Moyen-Orient et du Golfe est entrée samedi dans une phase extrêmement dangereuse, marquée par une intensification des tensions militaires sur le terrain, alors que les appels internationaux et onusiens se multiplient pour éviter une escalade incontrôlée et privilégier la désescalade ainsi que le retour au dialogue et aux moyens diplomatiques.
Dans ce contexte de tension qui secoue la région depuis quinze jours et au regard à ses répercussions multiples, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, Tom Fletcher, a averti, dans un communiqué, que l’escalade, au-delà de son impact direct sur les civils, affectera également les marchés, les lignes de transport maritime et aérien ainsi que les prix des denrées alimentaires dans toute la région et dans le monde.
Il a également souligné que cette situation perturbe l’action humanitaire vitale, précisant que la flambée des prix du carburant a entraîné une hausse notable des coûts du transport maritime mondial.
Les perturbations du trafic aérien et maritime ont, par ailleurs, ralenti la circulation des marchandises et des personnes, ce qui pourrait retarder l’acheminement de l’aide humanitaire de près de six mois.
Concernant la fermeture du détroit d’Ormuz, considéré comme l’un des passages commerciaux les plus stratégiques au monde, le responsable onusien a indiqué que l’arrêt du transit dans ce couloir maritime aggrave rapidement les conséquences de la crise, rendant l’acheminement de denrées alimentaires, de médicaments, d’engrais et d’autres fournitures essentielles plus difficile et plus coûteux.
Face à ces développements préoccupants et dans un contexte d’efforts diplomatiques visant à favoriser le dialogue, l’Emir du Qatar, Tamim Ben Hamad Al Thani, s’est entretenu par téléphone avec le Sultan d’Oman, Haitham Ben Tariq, pour examiner les derniers développements du conflit dans la région.
Les deux dirigeants ont souligné la nécessité d’une désescalade et du recours au dialogue et aux moyens diplomatiques afin de renforcer la sécurité et la stabilité régionales.
Dans le même esprit, le représentant permanent de la Chine auprès de l’Organisation des Nations unies, Fu Cong, a insisté sur l’importance d’un retour rapide aux négociations et à un dialogue équilibré pour résoudre les différends.
Il a également exprimé la disposition de son pays à poursuivre la coopération avec les Etats de la région et la communauté internationale afin de favoriser un consensus en faveur de la paix et d’un retour rapide à la stabilité. De son côté, le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a indiqué que son pays mène une intense activité diplomatique pour contenir l’escalade au Moyen-Orient, affirmant que la Turquie poursuivra ses efforts « avec patience et détermination » pour contribuer à apaiser les tensions et à résoudre les crises humanitaires dans la région.
Dans le même sillage, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdel-Aty, et la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, ont souligné l’urgence d’agir pour mettre fin à l’escalade dans les plus brefs délais, estimant que la voie diplomatique demeure l’unique option pour éviter à la région de sombrer dans une instabilité accrue et préserver la paix et la sécurité régionales et internationales.
Concernant la navigation aérienne, la compagnie Qatar Airways a annoncé la poursuite de la suspension temporaire de ses vols en raison du maintien de la fermeture de l’espace aérien de l’Qatar. Elle a précisé que la reprise de ses opérations interviendra dès l’annonce officielle de la réouverture séc urisée de l’espace aérien par l’Autorité générale de l’aviation civile du Qatar et ce, après l’approbation des autorités compétentes.
De son côté, l’Autorité de l’aviation civile irakienne a annoncé la prolongation de la fermeture de l’espace aérien de l’Irak à tous les vols au départ, à destination et en transit, pour une durée supplémentaire de 72 heures, à compter de vendredi à midi.
L’autorité a indiqué que cette décision a été prise sur la base de l’évaluation continue de la situation sécuritaire et de l’évolution des développements régionaux, précisant que la mesure sera réexaminée en fonction des nouvelles données, avec information des compagnies aériennes et des parties concernées de toute mise à jour ultérieure.


