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La dette du Sénégal est « viable », pas « besoin d’une restructuration »

Le Premier ministre du Sénégal Ousmane Sonko a  jugé jeudi que l’importante dette du pays est « viable » et exclut à nouveau  sa restructuration préconisée par des experts, alors que Dakar négocie un  nouveau programme financier avec le Fonds monétaire international (FMI).

Le Sénégal est confronté à une situation économique préoccupante, avec un  déficit budgétaire de près de 14% du PIB et une dette du secteur public et  parapublic estimée provisoirement à 132% du PIB à fin 2024.

Les autorités au pouvoir depuis 2024 accusent le régime de l’ex-président  Macky Sall (2012-2024) d’avoir dissimulé les vrais chiffres sur des  indicateurs clefs comme la dette publique et le déficit budgétaire.

En conséquence, le FMI a suspendu son programme d’aide de 1,8 milliard de  dollars (1,6 milliard d’euros) conclu en 2023 en attendant d’avoir des  réponses et des engagements des nouvelles autorités. Après plusieurs visites du FMI au Sénégal pour examiner l’état des  finances du pays, les deux parties ont entamé des négociations mi-octobre  en vue d’un nouveau programme d’aide.

« Nous savons tous la situation dont nous  avons héritée (et qui) nous a mis  dans des difficultés (mais) c’est une situation qu’il faut gérer », a  déclaré M. Sonko lors d’une conférence de presse conjointe avec son  homologue mauritanien, Moctar Ould Diay, en visite au Sénégal.

« Nous avons travaillé à des solutions (et mis en œuvre) un plan de  redressement qui va demander un certain nombre d’efforts et de sacrifices  (des Sénégalais). Nous avons lancé un vaste programme de rationalisation  des dépenses et recettes budgétaires », a-t-il dit.

Sonko considère que « tous les travaux réalisés nous permettent de voir  ou d’entrevoir la possibilité de sortir de cette situation sans avoir  besoin d’une restructuration » de la dette.

« Nous considérons que notre dette est viable. Nous nous débrouillons pour  la rembourser depuis un an et demi. Jusqu’à présent, nous avons réussi à  financer (le remboursement de) cette dette » avec des fonds levés  « principalement sur le marché (financier) régional » ouest-africain, a  indiqué M. Sonko.

« Nos projections de croissance et de recettes sont raisonnables. Nous ne  pouvons comprendre qu’on veuille nous imposer une restructuration. La  position officielle (du Sénégal) est qu’on ne veut pas de cette  restructuration », a-t-il conclu, réitérant une position déjà exprimée début  novembre.         M. Sonko avait alors estimé qu’une restructuration de la dette, suggérée  par plusieurs experts locaux pour atténuer son poids sur les finances  publiques, serait « une honte » pour le pays et équivaudrait à déclarer sa  « faillite ».

Une restructuration vise à redonner de la marge budgétaire aux Etats via  différentes approches: une pause dans les échéances, l’allongement du  remboursement du prêt ou une annulation d’une partie des intérêts ou de la  dette.

(APS)

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