Cisjordanie occupée : les violences des colons sionistes plongent des dizaines de milliers de familles agricoles dans l’urgence

Plus de 72.000 familles palestiniennes d’agriculteurs et d’éleveurs ont un besoin urgent d’une aide agricole en Cisjordanie occupée, en raison notamment des violences des colons sionistes et de l’aggravation de la crise économique, selon une nouvelle enquête publiée mercredi par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
L’agence onusienne souligne qu’« une intervention rapide est indispensable pour soutenir ces ménages et éviter des conséquences durables sur leurs moyens de subsistance », rappelant que l’agriculture demeure une source de revenus vitale pour une large partie de la population palestinienne.
D’après les données du Bureau central palestinien des statistiques, environ 115.000 familles sur les quelque 700.000 vivant en Cisjordanie occupée dépendent directement de l’agriculture pour leur subsistance, faisant de ce secteur un pilier central de la sécurité alimentaire et des revenus.
« Les familles agricoles ont un besoin urgent d’aide, tant en espèces qu’en nature, afin d’atténuer les effets de la violence généralisée des colons, de l’aggravation de la crise économique et de la perte quasi totale des revenus », a déclaré Rein Paulsen, spécialiste des urgences agricoles à la FAO, dans un communiqué.
Menée durant l’été 2025 auprès de plus de 1.500 familles — producteurs agricoles, éleveurs ou ménages combinant agriculture et élevage —, l’enquête met en évidence une pression croissante sur les communautés rurales palestiniennes. Près de neuf familles agricoles sur dix, soit environ 100.000 ménages, ont récemment subi au moins un « choc grave ».
Les chocs les plus fréquemment signalés sont les conflits et les violences, la hausse du coût de la vie ainsi que la perte d’emploi. Depuis le début de l’agression sioniste contre Ghaza en octobre 2023, plus de 90 % des travailleurs palestiniens ont perdu leur emploi, et moins de la moitié ont pu retrouver une activité, le plus souvent dans le secteur agricole, pourtant de plus en plus difficile à exercer.
Les familles interrogées font état d’un accès limité à l’eau, de restrictions sévères de mouvement et d’accès aux terres, d’un manque d’intrants agricoles disponibles et abordables, ainsi que de coûts élevés du carburant et du transport.
Malgré ces contraintes, l’agriculture demeure l’un des moyens les plus efficaces pour accéder à la nourriture et générer des revenus. La FAO insiste ainsi sur l’urgence de garantir aux agriculteurs et éleveurs touchés par les conflits une assistance leur permettant de rétablir et de relancer la production.
Parallèlement, le Bureau onusien des affaires humanitaires relève que les violences commises par des colons sionistes au cours des trois dernières années, combinées aux restrictions d’accès imposées par l’occupation, ont entraîné le déplacement de populations dans 85 communautés et zones palestiniennes de Cisjordanie, dont 33 ont été entièrement vidées de leurs habitants.
Dans la zone C, placée sous contrôle administratif et sécuritaire sioniste, le gouvernorat de Ramallah est le plus affecté, concentrant plus de 40 % des déplacements recensés au cours des trois dernières années, soit environ 1.600 personnes sur un total de 3.900. Il est suivi par le gouvernorat d’Al Khalil, où près de 720 personnes ont été déplacées, principalement en 2023.
Les communautés de la vallée du Jourdain, qui s’étend sur quatre gouvernorats, ont également enregistré une hausse significative des déplacements, représentant cette année près d’un tiers des cas recensés en Cisjordanie.
Ces déplacements forcés, conjugués aux attaques répétées des colons sionistes, ont des répercussions profondes et durables sur les communautés palestiniennes, fragilisant davantage leurs moyens de subsistance et leur sécurité alimentaire.




