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L’UE prête à geler les actifs russes aussi longtemps que nécessaire

L’Union européenne (UE) devrait donner vendredi son feu vert à l’immobilisation des actifs souverains russes en Europe aussi longtemps que nécessaire, levant ainsi l’un des principaux obstacles à l’utilisation de ces avoirs pour financer l’effort de guerre ukrainien contre la Russie.

Les gouvernements des Vingt-Sept devraient convenir d’ici 16h00 GMT, par un vote à la majorité qualifiée, de geler quelque 210 milliards d’euros « jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de menace immédiate aux intérêts économiques de l’Union », évitant ainsi de devoir renouveler tous les six mois cette immobilisation par un vote à l’unanimité, au risque de se heurter au veto de pays prorusses, à commencer par la Hongrie.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a estimé dans un message sur Facebook que cette initiative causerait des « dommages irréparables » au bloc communautaire. « La Hongrie proteste contre cette décision et fera tout son possible pour rétablir la légalité », a-t-il assuré.

La Banque de Russie a averti vendredi que toute utilisation de ses avoirs serait illégale, promettant de recourir à tous les moyens disponibles pour protéger ses intérêts.

Dans un autre communiqué, la banque centrale russe a dit engager des poursuites contre l’institution financière Euroclear, basée à Bruxelles, qui détient environ 185 milliards d’euros des actifs russes gelés en Europe.

La décision attendue des Vingt-Sept doit aider à convaincre la Belgique de soutenir le projet de « prêt de réparation » à l’Ukraine présenté le 3 décembre dernier par la Commission européenne, qui vise à utiliser les avoirs russes gelés pour répondre aux besoins financiers de Kiev en 2026 et 2027, à hauteur de 165 milliards d’euros au maximum.

Le prêt serait remboursé par l’Ukraine une fois que la Russie accepterait de verser des indemnités de guerre à Kiev. La Belgique réclame également un mécanisme de solidarité européen afin de ne pas se retrouver seule face aux menaces de poursuites judiciaires de Moscou.

La Commission européenne a également présenté une solution alternative pour financer l’effort de guerre ukrainien, un emprunt communautaire, considéré toutefois avec scepticisme par les pays dits « frugaux » comme l’Allemagne ou les pays nordiques.

Les deux options seront débattues par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE lors du Conseil européen des 18 et 19 décembre.

(Agences)

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