L’Algérie appelle à une réorganisation des priorités du partenariat Afrique-Europe en matière de paix et de sécurité

L’Algérie a mis en garde, ce mardi, contre les conséquences et les séquelles d’un contexte international extrêmement complexe, instable et tendu, dont le continent africain n’a pas été épargné, et a appelé à une réorganisation des priorités du partenariat Afrique-Europe en matière de paix et de sécurité.
Le ministre d État ministre des Affaires étrangères algérien Ahmed Attaf, a déclaré, dans un discours sur le thème de la paix, de la sécurité et de la gouvernance en Afrique lors des travaux du Sommet Afrique-Europe, que ce Sommet se tient dans un contexte international extrêmement complexe, instable et tendu, dont l’Afrique n’a pas été épargnée. Il a souligné que cette situation constitue réellement un signal d’alerte, notamment en ce qui concerne le retour des changements non constitutionnels de gouvernements sur le continent africain. Il a ajouté que ces changements ne représentent plus de simples répercussions temporaires ou accessoires, mais qu’ils sont devenus une réalité qui s’étend et se consolide dans un contexte où les perspectives de retour aux systèmes constitutionnels souhaités restent bouchées.
Le ministre d État ministre des Affaires étrangères algérien a déclaré dans son discours qu’un deuxième signal d’alerte doit être tiré en raison de l’aggravation du fléau du terrorisme en Afrique, après son recul dans le reste du monde. Il a ajouté que la région du Sahel saharien constitue aujourd’hui le foyer mondial ou le pivot international de ce fléau, qui a semé la corruption et la criminalité dans les États et les populations africaines, dans un silence international difficile à comprendre et à expliquer.
Ahmed Attaf a souligné qu’un troisième signal d’alerte doit être tiré en raison de la prolifération des interventions militaires étrangères en Afrique. Il a précisé que ce phénomène est aujourd’hui un facteur structurel du paysage sécuritaire africain, compliquant les crises, prolongeant leur durée et réduisant les chances de les résoudre par des moyens pacifiques. Quant au quatrième signal d’alerte, il concerne le recul du rôle diplomatique continental et la disparition de l’intérêt international pour les priorités sécuritaires et politiques de l’Afrique, qui ne bénéficient plus de l’attention nécessaire à l’agenda du travail international multilatéral, selon le chef de la diplomatie algérienne.
Attaf a affirmé que, face à une telle situation, l’Algérie appelle à une réorganisation des priorités du partenariat Afrique-Europe en matière de paix et de sécurité, en soulignant que la priorité absolue doit être de mettre fin à l’indifférence internationale que subissent les questions de paix et de sécurité en Afrique. Il a déclaré : « Les défis auxquels notre continent est confronté ne sont pas des difficultés de nature locale ou de portée limitée, mais bien des dangers qui transcendent les frontières, les nations et les continents, tant en eux-mêmes que par leurs répercussions. »
La deuxième priorité devrait être consacrée à la restauration du rôle diplomatique africain et à la promotion du principe de solutions africaines aux problèmes africains, a-t-il ajouté, soulignant que l’organisation continentale a déjà démontré sa capacité à remplir le rôle qui lui est attribué chaque fois qu’elle dispose de l’espace nécessaire pour agir et bénéficie du soutien international approprié.
Selon l’Algérie, la troisième priorité dans le partenariat Afrique-Europe en matière de paix et de sécurité concerne un investissement réel et effectif dans le développement, considéré comme le meilleur moyen de prévenir les crises et de traiter leurs causes profondes ainsi que leurs dimensions liées au développement. Attaf a déclaré : « Dans ce cadre, nous attendons la concrétisation des promesses d’investissement que l’Europe a faites envers l’Afrique dans le cadre de l’initiative Global Gateway ». Il a ajouté que la quatrième priorité est une priorité structurelle par excellence et concerne la nécessité de mettre fin à la marginalisation de l’Afrique dans tous les lieux de prise de décision internationale, qu’ils soient politiques, sécuritaires ou économiques. Attaf a souligné que cette marginalisation reste en elle-même l’un des principaux facteurs structurels qui compromettent la marche de l’Afrique vers la réalisation de ses aspirations et objectifs consacrés dans l’Agenda continental 2063.




