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Le CODESA dénonce 50 ans de crimes et violations graves commis par l’occupant marocain au Sahara occidental

Le Collectif des défenseurs des droits   de l’homme sahraouis (CODESA) a publié un rapport documentant plus de   38.000 crimes et violations graves commis contre les civils sahraouis au   Sahara occidental par l’occupation marocaine au cours des cinquante années   de présence militaire sur ce territoire.

Selon le CODESA, le nombre total de crimes et violations graves des droits   des Sahraouis s’élève à « 38.041 cas, dont 317 exécutions extrajudiciaires,   13 décès résultant de condamnations à mort, 390 disparitions forcées de   longue durée, 4.565 enlèvements de courte durée, 8.506 atteintes à   l’intégrité physique et à la sécurité personnelle, 1.242 arrestations   politiques ».

Il s’agit également de « 8.100 déportations ou déplacement forcé de la   jeunesse sahraouie, 636 victimes de mines antipersonnel, 837 empêchements   de l’accès à des observateurs internationaux, 1.241 restrictions ou   privations du droit à la liberté de circulation et 9.806 raids   domiciliaires et destructions de biens ».  Le CODESA précise que les chiffres et données présentés dans le rapport   sont « partiels et préliminaires » en raison, notamment de « la répression   généralisée et les lourdes restrictions imposées aux membres de   l’organisation, auxquelles s’ajoute la faiblesse de ses moyens matériels ».

Le document, intitulé « Sahara occidental : le dernier test de la   crédibilité du système des Nations unies », dénonce l’incapacité de l’ONU à   mettre en œuvre ses propres résolutions et à garantir le droit à   l’autodétermination du peuple sahraoui, malgré la présence de la MINURSO   depuis 1991, créée afin d’organiser un référendum.

Pour la rédaction de ce rapport, l’équipe de travail a adopté une   méthodologie de découpage chronologique couvrant un demi-siècle   d’occupation marocaine du Sahara occidental à travers trois phases, dont la   première, allant d’octobre 1975 à avril 2007, a été marquée par l’invasion   militaire et l’annexion forcée du Sahara occidental par la puissance   occupante marocaine, après l’abandon par l’Espagne de l’organisation du   référendum d’autodétermination du peuple sahraoui.  Cette phase a été également marquée par des crimes de génocide, de crimes  de guerre, de crimes contre l’humanité, ainsi que de graves violations des   droits humains contre les civils sahraouis.

La deuxième phase, de mai 2007 à novembre 2020, a été caractérisée par la   poursuite des crimes contre l’humanité et des violations graves des droits   humains à l’encontre des défenseurs des droits humains, blogueurs,   étudiants, chômeurs, et civils sahraouis, dans le cadre d’une politique   systématique d’intimidation et de punition collective à grande échelle.  La troisième phase qui a débuté après la rupture du cessez-le-feu par le   Maroc, qui a occupé de nouvelles zones du territoire et utilisé des drones   pour bombarder des civils sahraouis et étrangers à l’est du mur militaire.

Durant cette période, « 1.475 crimes ont été recensés ».  Le rapport documente, dans ce contexte, la poursuite des frappes de drones   menées par la force d’occupation marocaine contre des civils sahraouis et   étrangers à l’est du mur militaire depuis novembre 2020, ainsi que les   actes de torture, les mauvais traitements et les détentions arbitraires   infligés aux prisonniers politiques sahraouis dans les geôles marocaines,   en violation flagrante de la Quatrième Convention de Genève et d’autres   traités et instruments internationaux relatifs aux droits humains.

Le rapport met également en évidence la discrimination systématique   exercée par l’occupation marocaine à l’encontre des civils sahraouis, la   confiscation de leurs droits, ainsi que la poursuite du pillage des   ressources naturelles en collusion avec des entreprises étrangères, en   dépit des arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne confirmant   l’illégalité de toute exploitation de ces ressources sans le consentement   du peuple sahraoui, représenté par son seul représentant légitime, le Front   Polisario.

Le document traite, en outre, de la croissance et de l’expansion d’une   politique de colonisation systématique et intensive au Sahara occidental,   matérialisée par le transfert de vagues de colons par la puissance   occupante marocaine et par la mise en place d’incitations pour leur   installation à différentes périodes, dans le but d’altérer la composition   démographique du territoire et de pérenniser l’occupation marocaine.

Le rapport du CODESA documente la souffrance continue des civils sahraouis   en raison de la présence massive de mines terrestres plantées par la   puissance occupante marocaine au Sahara occidental et de leurs effets   destructeurs sur l’environnement, sur les Sahraouis et sur leurs biens.  Pour conclure, le rapport appelle à accélérer la décolonisation du   territoire et l’envoi d’une commission internationale d’enquête sur les   crimes commis par la puissance occupante en lien avec la violation du droit   du peuple sahraoui à l’autodétermination et à la souveraineté sur ses   ressources naturelles.

Il préconise également de s’opposer effectivement aux crimes de   colonisation, de démolition de maisons, de confiscation de terres et de   leur cession à des entreprises étrangères, ainsi qu’aux crimes d’expulsion   et de déplacement forcé, en activant les mécanismes judiciaires   internationaux.  Il a insisté, à ce titre, sur la révélation du sort des Sahraouis disparus   et des prisonniers de guerre, ainsi que sur la libération des prisonniers   politiques sahraouis détenus dans les prisons marocaines, plaidant pour la   mise en place d’un mécanisme onusien de surveillance des droits humains, et par l’octroi à la MINURSO d’un mandat de supervision et de rapport sur les   violations des droits de l’homme au Sahara occidental.

(APS)

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