L’activité du secteur privé français se contracte davantage en octobre, décevant les prévisions

L’activité du secteur privé en France a poursuivi son repli en octobre, pénalisée par une demande atone dans les services comme dans l’industrie, selon une enquête publiée mercredi par S&P Global et la Hamburg Commercial Bank (HCOB), relayée par l’AFP.
L’indice PMI composite, qui mesure l’évolution de l’activité dans les secteurs manufacturier et des services, est tombé à 47,7 en octobre, contre 48,1 en septembre. Il s’éloigne ainsi davantage du seuil de 50 qui sépare croissance et contraction, atteignant son plus bas niveau depuis février. Il s’agit du quatorzième mois consécutif de recul de l’activité.
Dans les services, l’indice PMI a reculé à 48,0 en octobre, contre 48,5 le mois précédent, enregistrant sa plus forte baisse depuis avril. Cette faiblesse est attribuée à une chute des nouvelles commandes et de l’activité globale, dans un contexte d’incertitude politique, de prudence des clients et de forte concurrence, selon Jonas Feldhusen, économiste à la HCOB.
Les perspectives à douze mois se sont également détériorées, restant bien en deçà de leur moyenne de long terme. Le climat politique en France a été fréquemment cité comme un facteur pesant sur la confiance des entreprises, ajoute l’enquête.
S&P alerte sur la dette française
L’agence Standard & Poor’s a abaissé en octobre la note de crédit de la France, anticipant une hausse de sa dette plus importante que prévu dans les années à venir, ce qui accentue la pression sur le budget du Premier ministre Sébastien Lecornu.
S&P est la troisième agence de notation à abaisser la note de la France en un mois environ, et cela intervient après que Lecornu a obtenu un gouvernement fragile en suspendant la réforme des retraites proposée par le président Emmanuel Macron.
S&P a abaissé la note de crédit de la France de AA- à A+ avec une perspective stable, indiquant s’attendre à ce que le pays atteigne son objectif de déficit budgétaire de 5,4 % pour l’année. Cependant, « en l’absence de mesures supplémentaires significatives de réduction du déficit budgétaire, l’assainissement budgétaire sur notre horizon de prévision sera plus lent que prévu », a-t-elle déclaré vendredi soir.
L’écart entre les obligations françaises et allemandes s’étant creusé ces dernières semaines, la dégradation de la note devrait encore alourdir le coût des emprunts de la France.
L’agence prévoit que la dette publique atteindra 121 % du PIB en 2028, contre 112 % du PIB à la fin de l’année dernière. Elle anticipe que la situation dans la deuxième économie de la zone euro restera incertaine à l’approche des élections présidentielles très attendues de 2027.
La France a été plongée dans une crise politique lorsque le président Macron a convoqué des élections anticipées en juin 2024, élections qu’il a perdues faute de majorité claire au Parlement. Lecornu est le quatrième Premier ministre du pays depuis ce scrutin, ses prédécesseurs ayant été destitués par l’opposition en raison de désaccords sur la gestion de la dette publique croissante.
Lecornu, un proche allié de Macron, a démissionné de son poste de Premier ministre avant d’être réintégré en l’espace d’une semaine, illustrant l’instabilité politique croissante de la France. Il a déjà survécu à son premier vote de confiance grâce à l’abstention de la plupart des membres du parti socialiste (centre-gauche), mais ce résultat a eu pour prix la suspension de la réforme structurelle phare des retraites de Macron. Ce gel coûtera 400 millions d’euros en 2026 et 1,8 milliard d’euros l’année suivante.
S&P a déclaré que l’élection de 2027 « jette un doute » sur la capacité de la France à mettre en œuvre des mesures d’assainissement budgétaire à moyen terme, ou sur sa capacité à atteindre l’objectif de déficit budgétaire de 3 % du PIB d’ici 2029 qu’elle s’était engagée auprès de l’UE.
(Agences)




