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Maroc : nouveau décès d’une femme enceinte dans un hôpital à Agadir, après des suspensions médicales

Une nouvelle femme enceinte marocaine est décédée dans la matinée du mercredi 8 octobre à l’hôpital régional Hassan II d’Agadir. Ce centre hospitalier, désormais surnommé par la population locale « l’hôpital de la mort », fait l’objet de vives critiques, selon plusieurs médias qui s’appuient sur des sources médicales.

Selon les mêmes sources, la patiente, transférée en urgence depuis la région de Biougra, a été prise en charge pour une césarienne, mais a malheureusement perdu la vie en salle de réanimation.

Ce nouveau drame vient s’ajouter à une série de décès tragiques enregistrés ces dernières semaines dans le même hôpital, suscitant une vague de protestations dans plusieurs villes du royaume, portée notamment par des jeunes réunis sous le mouvement GenZ 212.

Des sources internes à l’établissement hospitalier attribuent ce décès aux « mesures précipitées » prises par le ministre de la Santé marocain, Amine Tahraoui, à la suite du scandale lié au décès de huit femmes enceintes en l’espace de quelques jours. Selon ces sources, le ministre aurait suspendu plusieurs professionnels de santé, notamment des anesthésistes, sans mettre en place de solutions de remplacement ou d’alternatives pour garantir la continuité des soins. La suspension temporaire concerne 4 infirmiers spécialisés en anesthésie et réanimation, 9 sage-femmes, 2 médecins anesthésistes-réanimateurs, ainsi que 2 gynécologues-obstétriciens.

Les mêmes sources insistent sur le fait que cette décision hâtive a plongé l’hôpital dans une situation critique. L’anesthésie, discipline incontournable pour toute opération chirurgicale — notamment les césariennes qui exigent une surveillance continue de la santé maternelle —, a été gravement affectée par le manque de spécialistes.

Cette pénurie a engendré une perte de maîtrise des protocoles médicaux et la répétition de tragédies similaires. Plusieurs décès en ont résulté, dont celui des huit femmes enceintes, révélant les failles profondes du système de santé marocain et les effets dévastateurs de décisions administratives prises sans considération pour leur impact humain.

À la suite de ces décès, le ministre marocain de la santé s’est déplacé personnellement à l’hôpital et a ordonné plusieurs suspensions administratives. Ces mesures ont été perçues par les professionnels de santé et les syndicats du secteur comme une mise en cause injustifiée du personnel médical, accusé de porter seul la responsabilité de dysfonctionnements structurels persistants, tels que le manque d’équipements, l’insuffisance de ressources humaines et une gestion défaillante du système hospitalier.

Ce nouveau décès ravive une fois de plus les inquiétudes concernant l’état alarmant du secteur de la santé au Maroc, mettant en lumière ses failles persistantes, notamment le manque de financement et l’insuffisance de l’implication de l’État dans la prise en charge des patients. Cette situation se retrouve à nouveau au cœur de la malaise populaire.

Des manifestations d’ampleur ont secoué le royaume pour réclamer des réformes dans les domaines de la santé et de l’éducation, à la suite du décès de huit femmes enceintes en septembre dernier à l’hôpital Hassan II d’Agadir, après des césariennes. Selon plusieurs médias locaux, ces drames seraient liés à des défaillances dans l’anesthésie, révélant ainsi les failles profondes du système de santé publique.

Le collectif GenZ 212, dont les organisateurs restent inconnus, qui mène les protestations massives au Maroc a réclamé vendredi la destitution du gouvernement d’Aziz Akhannouch, après plus d’une semaine de troubles ayant déjà causé trois morts. Beaucoup de Marocains considèrent que la santé publique et l’éducation ont été négligées, tandis que le Makhzen consacre des milliards à des projets d’infrastructure liés aux compétitions sportives à venir comme la CAN et le Mondial 2030.

(Al24News)

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