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Une campagne pour le boycott de « Transavia » pour « complicité » dans l’occupation illégale du Sahara occidental

Une campagne appelant au boycott de la compagnie  aérienne Transavia pour « complicité » dans l’occupation illégale du Sahara  occidental par le Maroc, est lancée sur les réseaux sociaux.        Intitulée « Boycottons Transavia : Non au tourisme colonial au Sahara  occidental ! », cette campagne appelle les voyageurs à boycotter cette  compagnie aérienne, filiale d’Air France-KLM, tant qu’elle « dessert des  destinations situées dans le territoire occupé du Sahara occidental,  participe à la normalisation de l’occupation coloniale marocaine et ignore  les décisions de justice européenne et le droit du peuple sahraoui ».

En effet, Transavia vient d’annoncer l’ouverture d’une ligne vers Dakhla,  ville du Sahara occidental occupé, depuis Marseille et Bordeaux.

En agissant ainsi, cette compagnie « viole le droit international et se  rend complice de la politique d’occupation illégale menée par le Maroc »,  déplorent les initiateurs de ce mouvement.

Ils estiment que les citoyens et consommateurs, ont « le devoir de refuser  le tourisme colonial ».  « Ne voulons pas avec des compagnies qui piétinent le droit international et  ferment les yeux sur la dernière colonie d’Afrique », ajoutent-ils, en  soutenant qu’en desservant Dakhla, « Transavia se rend complice d’un  tourisme de l’occupation, qui légitime la colonisation et alimente  l’économie de l’occupant marocain ».

« Ce type d’activité est illégal, immoral et contraire au droit européen »,  martèlent-ils. Dans leur appel au boycott de Transavia, les initiateurs soulignent que  « le Sahara occidental n’est pas le Maroc », rappelant que « ce territoire est  inscrit par les Nations unies comme territoire non autonome. Il est occupé  militairement par le Maroc depuis 1975, en violation des résolutions de  l’ONU et de l’avis de la Cour internationale de justice ».

Ils rappellent également que même la Cour de justice de l’Union européenne  (CJUE) a affirmé dans deux arrêts majeurs, rendus en 2024, que « le peuple  sahraoui est le seul titulaire de la souveraineté sur le Sahara occidental,  et que tout accord s’appliquant à ce territoire sans son consentement est  illégal ».

Depuis quelques mois, Transavia et Ryanair, une compagnie low cost  irlandaise, se trouvent au cœur d’une tempête croissante suite au lancement  de nouvelles lignes aériennes vers la ville de Dakhla, au Sahara occidental  occupé.

Les nouvelles lignes introduites par ces deux  compagnies ont suscité de  vives inquiétudes quant à la légalité de leurs opérations, d’autant qu’en  décembre 2024, lors de la réunion du Forum consultatif sur la politique  extérieure de l’UE en matière d’aviation, la Commission a informé les  transporteurs de l’Union que, conformément à la jurisprudence de la Cour de  justice de l’UE, l’accord aérien euro-méditerranéen entre l’UE et le Maroc  ne s’applique pas aux liaisons aériennes au départ du territoire d’un Etat  membre de l’UE vers le territoire du Sahara occidental.

La Cour de justice de l’UE (CJUE) avait annulé l’application de l’accord  aérien UE-Maroc au Sahara occidental. Dans un arrêt rendu le 30 novembre 2018, la haute juridiction européenne a  précisé que le territoire marocain doit être compris comme « faisant  référence à la zone sur laquelle le Royaume du Maroc exerce la gamme complète  des pouvoirs reconnus aux entités souveraines par le droit international, à  l’exclusion de tout autre territoire tel que celui du Sahara Occidental ».

La Cour a ajouté que l’inclusion du Sahara Occidental enfreignait les  règles du droit international, « notamment le principe d’autodétermination,  rappelé à l’article 1er de la charte des Nations unies, et le principe de  l’effet relatif des traités », soulignant que « l’Union ne saurait  valablement partager une  intention du Royaume du Maroc d’inclure le  territoire en question dans le champ d’application dudit accord ».

Autrement dit, le Sahara Occidental n’est couvert par aucun accord aérien  de l’UE. Il n’y a aucun cadre juridique en place pour régir les services  aéroportuaires commerciaux entre l’UE et la dernière colonie d’Afrique.

« Face à cette nouvelle atteinte à ses droits, le Front Polisario,  représentant légitime du peuple sahraoui, a annoncé son intention de  déposer plainte contre Transavia devant la CJUE », indiquent les initiateurs  de ce mouvement de boycott.

Selon la même source, le but est de « faire reconnaître l’illégalité de  cette activité commerciale dans un territoire sous occupation et d’engager  la responsabilité des entreprises qui participent à l’exploitation illégale  du Sahara occidental ».

(APS)  

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