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Espace aérien du Sahara occidental: le Parlement espagnol adopte une proposition visant à contrer toute tentative de transfert du contrôle de cet espace

Une proposition visant à contrer toute tentative  de la part du gouvernement espagnol de transférer le contrôle de l’espace  aérien du Sahara occidental au Maroc, a été adoptée mardi par la Commission  des Affaires étrangères du Congrès des députés (parlement espagnol),  rapporte l’agence espagnole EFE.

Cette proposition adoptée avec 20 voix pour, 12 contre et 5 abstentions,  met fin aux espoirs du Maroc qui nourrissait l’ambition de voir l’Espagne  lui céder la gestion de l’espace aérien du Sahara occidental.

Présentée par le Parti populaire (PP), opposé à la cession de l’espace  aérien du Sahara occidental, cette proposition appelle le gouvernement  espagnol à maintenir la gestion de l’espace aérien du Sahara occidental,  assurée par l’organisme public ENAIRE depuis 1976, sous mandat de  l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Le PP souligne dans sa proposition, que « ce contrôle a assuré la sécurité,  la stabilité et l’efficacité du trafic aérien dans la région, conformément  aux normes inter nationales », critiquant le « manque de transparence et  l’absence de clarifications » concernant des négociations avec le Maroc.

En effet, le ministère espagnol des Affaires étrangères avait reconnu  l’existence de discussions avec Rabat concernant le transfert de la gestion  de l’espace aérien du Sahara occidental sans fournir plus de détails sur ce  sujet.

Le Parti populaire a insisté, à ce titre, pour que toute négociation avec  le Maroc sur ce sujet soit communiquée au Congrès et soumise à débat  parlementaire. Il a exprimé, dans ce contexte, ses « inquiétudes » quant à la possibilité  de céder cette zone stratégique, mettant en garde contre les conséquences  d’une telle décision.

« Toute concession de la gestion de l’espace aérien sans l’approbation de  l’OACI constituerait une violation flagrante du droit international et une  reconnaissance implicite de la (prétendue) souveraineté marocaine sur le  Sahara » occidental, a-t-il averti, soulignant les « graves conséquences  diplomatiques et juridiques pour l’Espagne et l’Union européenne » d’un  possible transfert de compétences.

Le parti a rappelé également que la Commission européenne avait confirmé  que les accords aéronautiques entre l’UE et le Maroc n’incluent pas le  Sahara occidental, ce qui signifie que « tout transfert de gestion de  l’espace aérien  sans cadre juridique clair pourrait entraîner des  différends avec Bruxelles et les organisations internationales de  l’aviation civile ».

Le 3 décembre 2024, lors d’une réunion du Forum consultatif sur la  politique extérieure de l’UE en matière d’aviation, la Commission a informé  les transporteurs de l’UE que, conformément à la jurisprudence de la Cour  de justice de l’UE, l’accord aérien euro-méditerranéen entre l’Union et le  Maroc ne s’applique pas aux liaisons aériennes au départ du territoire d’un  Etat membre de l’UE vers le territoire du Sahara occidental.

La Cour de justice de l’UE (CJUE) avait annulé l’application de l’accord  aérien UE-Maroc au Sahara occidental. La haute juridiction européenne avait précisé en 2018, que le territoire  marocain doit être compris comme « faisant référence à la zone sur laquelle le  Royaume du Maroc exerce la gamme complète des pouvoirs reconnus aux entités  souveraines par le droit international, à l’exclusion de tout autre  territoire tel que celui du Sahara occidental ».

La Cour a ajouté que l’inclusion du Sahara occidental enfreignait les  règles du droit international, « notamment le principe d’autodétermination,  rappelé à l’article 1er de la charte des Nations unies, et le principe de  l’effet relatif des traités », soulignant que « l’Union ne saurait  valablement partager une intention du Royaume du Maroc d’inclure le  territoire en question dans le champ d’application dudit accord » .

Autrement dit, le Sahara occidental n’est couvert par aucun accord aérien  de l’UE. Il n’y a aucun cadre juridique en place pour régir les services  aéroportuaires commerciaux entre l’UE et la dernière colonie  d’Afrique.

(APS)  

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