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Maroc : un militant anti-normalisation écope de deux ans de prison pour des publications sur les réseaux sociaux

L’activiste et militant marocain anti-normalisation, Radouane Kastit, a été condamné lundi soir à deux ans de prison ferme et à une amende de 10 000 dirhams pour avoir publié ses opinions sur Facebook rejetant la normalisation avec l'entité sioniste et exprimant son soutien à la Palestine, ont rapporté plusieurs médias, déclenchant une vague de critiques et d'indignation de la part des défenseurs des droits de l'homme.

La cour d’appel de Tanger a rendu ce verdict après avoir jugé l’activiste coupable d’« outrage à des agents publics, d’incitation à la haine et à la violence », ainsi que de « diffusion de messages incitant à la discrimination et à la haine ».

Cependant, les avocats du Marouane Kastit ont déclaré que son arrestation et condamnation est liée à plusieurs publications Facebook dans lesquelles il s’oppose au rapprochement entre le Maroc et l’entité sioniste, prône une rupture de ces relations assimilées à une trahison de la cause palestinienne et remet en cause le récit du Makhzen pour justifier le maintien de la coopération sécurité et militaire avec Tel-Aviv malgré une large vague d’indignation populaire.

Dans un procès marathon qui a duré toute l’après-midi de lundi, le tribunal de Tanger a condamné Radouane Kastit à deux ans de prison ferme

Depuis octobre 2023 et le début de l’agression sioniste brutale et meurtrière contre Ghaza, le régime marocain mène une répression généralisée contre les militants anti-normalisation et activistes de la compagne de boycott des produits des entreprises soutenant la machine de guerre sioniste, emprisonnant plusieurs Marocains, militants politiques, défenseurs des droits humains, journalistes et d’autres critiques du Makhzen.

Marouane Kastit a été arrêté le 5 février et a été maintenu en détention.

La décision de la cour a provoqué des réactions de colère parmi les militants des droits de l’homme et les sympathisants avec le militant, qui estiment que ce verdict constitue une atteinte à la liberté d’expression. Les avocats de la défense ont annoncé qu’ils allaient faire appel de cette décision.

Pour ses avocats, Radouane Kastit est condamné pour ses opinions et opposition à la normalisation

L’instance marocaine de soutien aux causes de la Oumma, a exprimé, dans un communiqué publié mardi, « sa ferme condamnation du jugement injuste rendu contre l’activiste Redouane Kastit, poursuivi pour des publications rejetant l’agression contre Ghaza et la normalisation avec l’entité occupante», dénonçant « les arrestations et les procès inéquitables auxquels sont soumis les opposants à la normalisation dans différentes villes du Maroc».

L’organisation non gouvernementale a réitéré sa condamnation « de la poursuite du régime marocain dans ses démarches de normalisation avec les tueurs d’enfants et de femmes [Ghazaouis], sans prêter attention à la colère et à l’indignation populaire qui se sont manifestées dans les marches et les événements qui ont eu lieu dans toutes les villes du Maroc », appelant « à rompre toutes les relations avec les criminels sionistes ».

Des dizaines d’avocats ont plaidé lors de procès qualifié d’ « historique » du Radouane Kastit

L’instance s’est indignée également suite à « la visite récente de certains Marocains en [entité sioniste] et les déclarations dangereuses qui ont suivi, contredisant le consensus national et provoquant les convictions des Marocains musulmans, en affirmant le droit des sionistes sur la Palestine et en louant le terrorisme sioniste barbare contre les Palestiniens, sans que les autorités [marocaines] n’agissent pour tenir responsables ceux qui louent le terrorisme sioniste ».

De son côté, la Fédération Marocaine des Droits de l’Homme (FMDH) a condamné le « verdict sévère à l’encontre du militant des droits de l’homme, et défenseur de la cause palestinienne, Redouane Kastit », réclamant sa libération immédiate.

Le jugement final a laissé beaucoup d’observateurs déçus, tandis que de nombreuses organisations humanitaires se sont empressés de publier des communiqués de solidarité

La FMDH a appelé, dans un communiqué de solidarité, les autorités concernées, « à éviter de recourir à des politiques d’intimidation et de répression contre les citoyens du pays, et à cesser la vague d’arrestations qui a récemment touché les adultes comme les mineurs, ainsi que les sentences sévères prononcées contre plusieurs voix nationales libres, telles que Saïd  Aït Mehdi, dont la cour d’appel de Marrakech a prolongé la peine de trois mois de prison ferme à une année, et a annulé l’acquittement pour ses trois compagnons en les condamnant à quatre mois de prison ferme ».

L’organisation humanitaire a rappelé aussi « le jugement prononcé contre le militant et ancien détenu Fouad Abdelmoumni, qui a été condamné à six mois de prison ferme».

La fédération a conclu que ces condamnations et procès injustes « montrent clairement une attaque en règle contre les bases des droits de l’homme et le droit à la liberté d’expression au Maroc, perpétuant la terreur contre les citoyens marocains ».

Al24News

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