La crise humanitaire s’aggrave dans l’est de la RDC en raison de la recrudescence des combats

La crise humanitaire s’aggrave avec l’escalade de la violence dans trois provinces de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont déclaré mercredi les humanitaires de l’ONU.
Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri ont connu une récente recrudescence des hostilités, dans le cadre de l’objectif déclaré des rebelles du M23 dans les Kivus de s’emparer de Kinshasa. En Ituri, la violence est généralement attribuée aux combats pour la terre et les ressources ainsi qu’entre les groupes ethniques. L’est de la RDC est riche en minerais.
Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a signalé une escalade alarmante de la violence et de l’insécurité ces derniers jours dans la ville d’Uvira, à environ 100km au sud de la capitale provinciale du Sud-Kivu, Bukavu. Les affrontements mettent les communautés locales et les travailleurs humanitaires en danger, les partenaires humanitaires signalant de nombreux incidents de pillage et de violence sexuelle.
Selon l’OCHA, les évaluations humanitaires des dix derniers jours indiquent que plus de 10.000 personnes déplacées sont parties de l’île d’Idjwi dans le lac Kivu en raison des conditions désastreuses. Les personnes déplacées sont retournées dans les villages des régions de Minova et de Kalehe. Plus de 100.000 personnes s’étaient réfugiées sur l’île depuis la fin du mois de janvier.
« Nos partenaires signalent également que des personnes sont retournées dans certaines parties du Nord-Kivu, où une évaluation récente a révélé que 80.000 personnes sont retournées dans des villages du territoire de Masisi, à environ 80km au nord-ouest de Goma », a indiqué l’OCHA. « Les infrastructures de ces villages étaient en grande partie détruites par les récents combats et les personnes qui reviennent ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence ».
Environ un million de personnes ont été déplacées depuis le début de l’année 2025, lorsque le M23 s’est emparé de Goma, la capitale du Nord-Kivu, et de Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, a noté le Programme alimentaire mondial (PAM).
L’insécurité dans l’est du pays a également provoqué des troubles civils, des pillages et des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement humanitaire, ce qui a contraint le PAM à suspendre temporairement ses opérations dans les zones proches des lignes de front.
Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a signalé pour sa part être profondément préoccupé par l’augmentation significative des rapports faisant état de violations graves commises à l’encontre d’enfants dans certaines parties de l’est de la RDC. Le nombre d’incidents a triplé depuis la fin du mois de janvier.
Selon L’UNICEF, les données recueillies révèlent que les cas de violence sexuelle ont été multipliés par plus de deux et demi, les enlèvements par six, les meurtres et les mutilations par sept et les attaques contre les écoles et les hôpitaux par douze.
(APS)




