Le silence du Maroc sur le projet visant à déplacer les Palestiniens hors de la bande de Ghaza est « honteux et humiliant »

Le silence observé par le Maroc sur le projet visant à déplacer les Palestiniens hors de la bande de Ghaza est « honteux et humiliant », a affirmé le journaliste et écrivain marocain, Ali Anouzla.
« Le silence officiel actuel du Maroc est honteux et humiliant », a-t-il souligné dans un article publié récemment sous le titre « Morocco’s shameful official silence (Le silence officiel honteux du Maroc) » et publié sur le site de l’organisation de surveillance de la presse « Middle East Monitor ».
Selon Anouzla, ce silence « humilie et fait honte à chaque marocain libre qui considère la cause palestinienne comme la sienne ». Ces personnes, a-t-il poursuivi, « se compteraient par millions si on leur donnait la possibilité d’exprimer librement leurs opinions et leurs positions ».
Il relève, à ce titre, que ce silence officiel « ne représente pas le Maroc et la majorité des Marocains qui participent à des manifestations de masse pour exprimer leur soutien à la cause palestinienne et leur opposition à la normalisation ».
« Ce silence marocain honteux ne date pas d’aujourd’hui, puisqu’il fait partie intégrante de la diplomatie marocaine depuis que (l’entité sioniste) a lancé sa guerre génocidaire contre la bande de Ghaza il y a plus de quinze mois », a-t-il déploré.
Alors que les observateurs se demandent quelle est la position officielle du Maroc sur les plans infernaux élaborés par les Etats-Unis et l’entité sioniste pour liquider la cause palestinienne et transformer les Palestiniens en réfugiés et en personnes déplacées dans le monde arabe, y compris au Maroc, qui a été proposé comme destination pour le plan de déplacement parrainé par les Etats-Unis et mis en œuvre par l’entité sioniste, Ali Anouzla regrette qu’ « aucune position officielle marocaine n’avait été rendue publique » concernant ces projets, largement condamnés par de nombreux pays, y compris des pays européens alliés de l’entité sioniste et des Etats-Unis, qui ont dénoncé un « nettoyage ethnique ».
« Le silence de Rabat était frappant, même lorsque Netanyahu a proposé d’installer les Palestiniens en Arabie saoudite, qui entretient des relations étroites avec le Maroc », a-t-il ajouté. Il rappelle, dans ce contexte, que malgré les demandes populaires d’arrêt de toute forme de normalisation avec l’entité sioniste, Rabat a maintenu ses relations diplomatiques avec cette entité, et tous les accords avec l’occupant sont restés en vigueur. « D’un autre côté, Rabat a toléré à contrecœur, par crainte d’une montée de la tension dans les rues, les manifestations populaires qui se sont poursuivies dans plusieurs villes marocaines au cours des derniers mois », a-t-il expliqué, soulignant, toutefois, que les autorités elles-mêmes n’ont « pas hésité à empêcher et à réprimer de nombreuses manifestations de soutien à la Palestine, et ont arrêté des militants qui soutiennent la cause palestinienne et s’opposent à la normalisation ».
« Ces militants ont été traduits en justice et jetés en prison », a-t-il fait remarquer, exprimant sa « honte » du pouvoir marocain pour « ses positions humiliantes envers son peuple et son histoire ».
« Vous devriez avoir honte de votre silence et de votre peur, car les pays et les peuples vivent de leurs positions courageuses et claires qui font l’histoire », a-t-il affirmé, rappelant la « position courageuse » du sénateur américain Al Green sur la question palestinienne.
« Alors qu’il se tenait devant le Congrès pour demander la mise en accusation du président américain, Donald Trump, suite à sa proposition de déplacer la population de Ghaza et de s’emparer du territoire pour en faire un projet immobilier, ce qui est considéré comme un crime de nettoyage ethnique , le membre démocrate du Congrès Al Green, qui se tenait seul sous le dôme du Capitole, a déclaré : + Sur certaines questions, il vaut mieux être seul, Monsieur le Président, que de ne pas être du tout +, notant qu’il était seul pour la justice », a-t-il rapporté.
Le journaliste et écrivain marocain Ali Anouzla soutient, à ce propos, que « cette position courageuse restera gravée dans l’histoire », jugeant qu’il était temps de « se lever et de dire la vérité avant qu’il ne soit trop tard ».
(APS)




