Tchad : « Tchad libre, France dégage ! », des milliers de manifestants réclament le départ des troupes françaises

Plusieurs milliers de Tchadiens ont manifesté dans la ville d’Abéché pour exiger le départ des soldats français du pays, en soutien à la décision prise par N’Djamena de mettre fin à la coopération militaire avec la France, emboitant ainsi le pas au Mali, au Burkina Faso et au Niger.
Après le départ des troupes françaises des pays du Sahel, il ne reste plus qu’un millier de soldats français au Tchad, où la France concentre actuellement ses opérations dans la région.
Jeudi 28 novembre, quelques heures à peine après la visite au Tchad du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, son homologue Abderaman Koulamallah a publié un communiqué pour indiquer la « fin de la coopération en matière de défense, signée avec la République française ».
Les manifestants qui ont défilé dans la troisième ville la plus peuplée du Tchad après N’Djaména, la capitale, et Moundou, ont scandé : « Tchad libre, France dégage ! », tandis que d’autres portaient des drapeaux tchadiens et des pancartes en faveur de départ des Français, constate-on dans les images postées sur les réseaux sociaux.
Selon le site « Tchad Info », cette marche a été organisée par le Maire de la région d’Abéché, Mahamat Saleh Ahmat Adam et encouragée par le Gouverneur Bachar Ali Souleymane, et symbolise « un tournant pour la souveraineté du Tchad ».
« C’est un moment historique pour notre pays, et la population d’Abéché montre par sa présence massive son soutien à cette décision cruciale“, a déclaré le Maire, soulignant l’importance de l’unité nationale dans ce contexte de changement, d’après le site « Tchad Info ».
Cela intervient alors que le gouvernement a mis en place une commission chargée de la mise en œuvre de la dénonciation de l’accord de coopération militaire franco-tchadien.
Cette Commission est composée de 21 membres dotés de plusieurs missions qui se déclinent en quatre axes.
Premièrement, « il s’agit de notifier officiellement la dénonciation de l’Accord de la Convention auprès des autorités françaises par voie diplomatique afin de garantir la transparence et le respect des protocoles internationaux ».
Deuxièmement, « il est question d’élaborer un plan de travail qui prévoit la cessation des obligations prévues par la Convention en veillant à ce que cette transition se fasse dans les conditions meilleures que possible ».
Troisièmement, « en termes de gestion des aspects juridiques, sécuritaires et logistiques, la commission doit identifier et gérer tout ce qui y est lié, afin d’assurer que le Tchad soit pleinement préparé et évité toute controverse ».
Enfin, « relativement avec les partenaires français, la Commission a la responsabilité de coordonner avec les autorités françaises pour garantir méthodiquement le respect des engagements bilatéraux préservant les relations futures sur les bases saines et équilibrées ».
(Al24News)




