Haïti : les Etats-Unis interdisent leurs vols civils après des tirs contre trois avions

Les Etats-Unis ont interdit mardi tous leurs vols civils avec Haïti pour un mois, après que trois avions ont essuyé des tirs la veille, et sommé les autorités, dont le nouveau Premier ministre, à régler les crises qui minent ce pays pauvre des Caraïbes.
Haïti vit depuis des mois sous la violence de terribles gangs armés qui contrôlent 80% de la capitale Port-au-Prince, laquelle tournait au ralenti mardi avec des tirs nourris dans certains quartiers et de nouvelles menaces d’attaques.
Lundi, des tirs avaient touché un Airbus de la compagnie américaine à bas coûts Spirit Airlines juste avant d’atterrir à Port-au-Prince. L’appareil a été détourné en République dominicaine voisine.
Ce qui aurait pu être une catastrophe aérienne majeure a fait un « blessé léger » parmi l’équipage et des impacts de balles étaient visibles sur la carlingue et dans la cabine de l’appareil, selon des vidéos sur les réseaux sociaux.
Et mardi soir, les compagnies américaines American Airlines et JetBlue ont révélé dans des communiqués que deux de leurs avions partis lundi de Port-au-Prince vers, respectivement Miami et New York, portaient aussi chacun un impact de balle.
Elles ont suspendu temporairement leurs liaisons entre les deux pays et le régulateur fédéral américain de l’aviation (FAA) a, de son côté, interdit « les opérations de l’aviation civile des Etats-Unis sur le territoire et dans l’espace aérien d’Haïti sous 10.000 pieds pour une durée de 30 jours ».
Dès lundi, l’Association internationale du transport aérien (Iata) avait « appelé le gouvernement haïtien à agir immédiatement pour sécuriser les lignes aériennes et rétablir la confiance dans le secteur aérien du pays ».
L’incident est survenu au moment de l’investiture du nouveau Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé, un homme d’affaires qui remplace Garry Conille, resté seulement cinq mois.
Nommé par le Conseil présidentiel de transition, le nouveau chef du gouvernement s’est « engagé » à « rétablir la sécurité » et a promis de « travailler sans relâche (…) à la cohésion » politique.
Agences




